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Chroniqueur
Posté il y a 12 mois
Un scénario réaliste et effrayant…

C’est l’histoire d’Alvar, d’Elzé et Abel, frères et sœur. Ils vivent dans ce qui pourrait être notre futur. Notre futur proche. Projetez-vous dans cinquante ans, dans un monde où il ne fait pas bon vivre, et lisez ce livre. Je ne m’attendais absolument pas à un récit si mature, et si réaliste. Ce n’est d’ailleurs peut-être pas un livre que je catégoriserai Young Adult et pourtant je suis sûre qu’il peut trouver son public chez les jeunes adultes qui ont envie de pousser la réflexion.

« Dans sa vie où toute chose était convenue et attendue, où tous les gens occupaient les cases éternelles d’un échiquier étroit, cette mission était apparue comme une brèche. Un passage vers un ailleurs. »

Paraddict est un roman d’anticipation, comme je le disais, mature et intelligent. On y suit Alvar qui enquête sur le meurtre d’un Délicat qui a eu lieu hors de la City, sur la Route. Il s’est promis de retrouver l’assassin, de creuser, de comprendre ce qui se cache derrière. Abel a fini ses études et décide de rejoindre l’Intellagency en tant qu’agent du renseignement. Et leur sœur Elzé est propulsée à la tête d’un parti du Gouvernement. Nous avons là trois profils bien différents. Et au milieu de tout ça, il y a le Paraddict. Espace virtuel. Refuge virtuel. Un lieu infini à explorer. Un lieu paisible où tout est à construire, à imaginer. Doux remède.

« Le temps, dans le Paraddict, n’était pas de la même étoffe que le temps social. Il paraissait dilaté, suspendu, sans régularité, et son cours indolore vous faisait respirer plus largement, et grandir sans cesse, sans jamais vieillir. »

Ce n’est pas un récit palpitant d’action, mails il y a bel et bien quelque chose qui tient le lecteur. La plume, les sujets abordés, les questionnements qui y sont liés. On parle politique et éthique, pouvoir et liberté, sur fond d’enquête. L’équilibre est là. Et finalement, on ne sait pas bien à quoi ressemblera ce monde à la fin de la lecture et c’est bien ce qui terrifie. Les décisions prises divisent, les enjeux dépassent tout le monde. C’est un scénario qui m’a semblé bien effrayant et dont la fin m’a laissée bouche bée.

« Le monde en crise était prêt à s’engouffrer dans n’importe quelle brèche, pourvu qu’il ait l’impression de sortir du cul-de-sac où il s’enlisait. Il suffisait d’agiter un espoir, une idée : la guerre, la haine d’une race, la foi en la technologie… Plus l’étendard était criard, et plus on le suivait »

 

 

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