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Chroniqueur
Posté il y a 5 ans
Un récit d’une rare profondeur émotionnelle !

Sans ses pensées invasives, Aza mènerait une vie quasi normale. Mais elles sont là. Elles l’assaillent et l’obsèdent, sans qu’elle n’ait son mot à dire. Elle pense aux bactéries présentes dans son organisme, à celles qu’elle échange lors d’un baiser… Puis tombe dans une spirale infernale à laquelle il lui est difficile d’échapper. Même lorsque sa meilleure amie Daisy la pousse à enquêter sur la disparition du père de Davis, même lorsqu’Aza reprend contact avec ce garçon qu’elle n’a pas revu depuis plusieurs années, ses démons sont toujours là…

Aza est une jeune fille de seize ans qui aimerait être auteure de son destin. Mais tout est si compliqué pour elle. Tout est si compliqué dans sa tête. Elle ne contrôle pas ses pensées et elle en souffre beaucoup. A demi mot, elle nous confie qu’elle ne se sent pas elle-même. Sa maladie m’a beaucoup touché et j’ai suivi l’évolution de son personnage le cœur gros. Aza est une vraie battante et ce, même si il lui est difficile de rester positive, d’être l’amie parfaite, d’être la fille parfaite. On lui pardonne bien volontiers.

John Green nous offre un regard adolescent sur cette maladie, mais pas moins intelligent. Pendant qu’Aza se bat contre son propre esprit, il réussit à nous faire réfléchir à la vie, à l’amitié, à l’amour, au deuil. La quête d’identité d’Aza n’en est que plus intéressante et pertinente. Pas de faux semblants. Parfois ça va, parfois non, et on sait bien que ses maux ne disparaîtront pas comme par magie. D’ailleurs, Aza termine son récit sur des paroles magnifiques, pleines de sens, et surtout, porteuses d’espoir.

Les troubles mentaux sont au cœur du récit et l’auteur a vraiment soigné la psychologie du personnage d’Aza. Mais Tortues à l’infini, c’est aussi une belle histoire d’amitié entre Aza et Daisy, et entre Aza et Davis. Alors que les interactions des filles m’ont fait rire à plusieurs reprises (les nombreuses références à Star Wars sont tellement fun ! merci Daisy !), celles avec Davis sont plus subtiles et m’ont touchée en plein cœur. Alors que Daisy a accepté les troubles de son amie depuis longtemps, Davis lui, semble comprendre ce qu’Aza vit au quotidien et ses réactions sont vraiment adorables. Même si la romance entre ses deux jeunes personnages n’est pas au cœur de l’histoire, à cause des problèmes qu’ils ont à gérer tous les deux, je les ai trouvés très mignons. Leurs moments étaient remplis de tendresse et leurs silences étaient beaux.

Verdict : Encore une fois, John Green nous offre un récit d’une rare profondeur émotionnelle. Encore une fois, il nous invite à appréhender le monde différemment. Encore une fois, j’ai cette impression d’en ressortir grandie. J’ai passé un très agréable moment. Emouvant. Authentique. Percutant. Les troubles de l’anxiété, les troubles psychiques ne sont pas des sujets faciles à aborder mais John Green a trouvé les bons mots. Des mots qui sonnent justes et qui nous aident à comprendre. On sent que ce roman lui tient beaucoup à cœur puisque c’est une maladie qui lui est familière et le récit d’Aza est d’autant plus touchant.

1 commentaire

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LiliBlanc, 10 décembre 2017 :

Un livre merveilleux et plein de sens, qui nous fait réfléchir, sourire, pleurer.
John Green est un écrivain d’une intelligence extraordinaire, qui arrive à nous faire aimer des personnages pourtant pas parfaits, qui décrit le monde d’un adolescent aussi aisément qu’une carte du monde, tout en trouvant les mots parfaits qui touchent droit au cœur.
Merci beaucoup.