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La rédaction
Posté il y a 3 ans
Romance 3.0

A l’occasion de la sortie récente de Connexion immédiate, le nouveau livre de Mary H. K. Choi, Amy, rédactrice OLPF, vous présente ce roman dans lequel on se sent comme enroulé dans son plaid.

Avez-vous déjà rencontré quelqu’un et pensé immédiatement après l’avoir vu « waouh, cette personne me plaît vraiment, je veux apprendre à la connaître » ?

C’est ce qui arrive à Penny le jour de son entrée à l’université, lorsqu’elle rencontre Sam, le barista du café du coin. À peine la frôle-t-il que l’électricité entre eux explose. Mais Sam est intouchable : par de complexes histoires de famille, et bien qu’ils aient le même âge, c’est l’oncle par alliance de Jude, la colocataire de Penny, et celle-ci refuse que ses amies le draguent.

« Au moins, il y avait le café. Délicieux, revigorant. On pouvait toujours compter sur lui. »

Pourtant, le jour où Penny sauve Sam d’une crise d’angoisse, ils échangent leurs numéros et commencent à se parler. De textos en emails, d’emails en coups de fil, du téléphone à la vraie vie, Sam et Penny vont apprendre à se connaître, à s’apprivoiser et, sans vraiment le savoir, s’aider l’un l’autre à surmonter les épreuves de la vie.

« D’une façon mystérieuse, le bonheur de Sam était corrélé à son désir de préparer des gâteaux. »

C’est avec beaucoup de douceur que l’auteur, Mary H. K. Choi, nous dévoile ses personnages et déroule leur amitié, puis leur amour naissant. Elle évoque avec justesse et une pudeur agréable des sujets difficiles, dépeint des familles dysfonctionnelles sans jamais tomber dans le pathétique ou le voyeurisme. Le lien entre Penny et sa mère, particulièrement, est d’un réalisme criant dans sa complexité : elles s’aiment autant qu’elles sont incapables de se comprendre.

« Tu n’as pas le droit de me punir sans me dire de quoi je suis coupable et comment je peux me faire pardonner. »

La mesure avec laquelle les évènements sont racontés, la tendresse qui s’établit entre tous les protagonistes de l’histoire font de Connexion immédiate un roman dans lequel on se sent comme enroulé dans son plaid. C’est l’un de ces romans dont on se sent immédiatement proche, notamment parce qu’il s’inscrit dans une réalité et un quotidien que l’on comprend tous et qu’il multiplie les références à la pop-culture.

« Eh bien maintenant, je veux être avec une personne à qui je peux parler. Une personne qui gardera en mémoire un tas de détails sur moi. Une personne qui sera contente que je lui raconte même les choses les moins flatteuses, les plus flippantes sur moi. »

L’omniprésence du téléphone portable dans nos vies est ici retranscrite, ainsi que la facilité de la communication induite par cet appareil. Penny passe son temps sur son ordinateur, et il semble normal pour elle et Sam de s’envoyer des sms et des emails plutôt que de se parler ou d’aller se voir. Pourtant, lorsque ça arrive, ils partagent la même complicité que par écrit.

Et l’air de rien, c’est un message important, parce que cela légitime, pour une fois, l’importance des nouvelles technologies dans la façon que nous avons actuellement d’entretenir nos relations : elles ne limitent pas l’amitié, ne l’amputent pas. Nous savons toujours établir le contact humain, mais parfois, derrière un clavier, il est aussi plus facile de se livrer. Et, d’un autre côté, l’instantanéité du texto rend l’échange facile et continu, comme une façon de ne jamais briser le lien qui nous unit à ceux qu’on aime.

« D’une certaine façon, il était content que Penny s’apprête à retourner dans son téléphone. Au moins, elle y serait protégée et il pourrait lui dire tout ce qu’il avait à lui dire, lui poser toutes les questions qu’il voulait. Face à face, ç’aurait été trop difficile émotionnellement. »

Si l’histoire et les relations entre les personnages prennent leur temps pour s’installer, Connexion immédiate lui, se lit tout seul. Les quelques 450 pages se dévorent plus vite que l’un des donuts fait maison par Sam car chacune s’avère plus savoureuse que la précédente.

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