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La rédaction
Posté il y a 4 mois
Rebecca Elliott vous présente « Plus drôle que toi »

Chères lectrices, chers lecteurs,

Les filles sont jolies. Les filles sont dociles. Les filles sont innocentes et douces, ou vulgaires et objectifiées. Les filles sont passives, pas matures et, quand elles le sont, elles sont déjà périmées.

QUEL RAMASSIS D’INEPTIES !

Aucune – strictement AUCUNE – adolescente que j’ai rencontrée ne correspond à cette description étriquée, martelée par les médias et la société.

Les filles sont enthousiastes, passionnées, fortes, ambitieuses, fières, merveilleusement bizarres et bien d’autres choses encore, d’une seconde à l’autre.

Et les filles sont drôles. Tellement, tellement drôles.

Souvent, les filles qui savent qu’elles sont drôles savent aussi qu’elles sont intelligentes, que leur personnalité a une aura immense qui rayonne et peut occuper tout l’espace. Et pourtant, elles ont malgré tout l’impression d’être transparentes. Pourquoi ? À cause d’une pression sociale minable, encore plus présente dans notre monde instagrammé, qui leur répète qu’elles ne sont pas à la hauteur des attentes impossibles et souvent bien ennuyeuses qu’on leur prête.

Mon type préféré de filles n’est pas encore suffisamment représenté dans la littérature pour adolescents et jeunes adultes : les filles impertinentes, sarcastiques, plus vraies que nature, qui vous font hurler de rire. C’est pour elles que j’ai écrit ce livre : toutes les filles têtues, pas du tout comme il faut, drôles, qui doivent cesser de croire qu’elles ne sont pas assez bien pour quoi que ce soit et qui devraient plutôt se précipiter sous les projecteurs, et partager leur joie de vivre et leurs particularités avec la terre entière.

C’est pour ces raisons que le stand-up m’a semblé la meilleure façon d’explorer le dilemme de l’adolescence : la volonté d’être écouté, accepté, au centre de l’attention, de s’exprimer complètement, et en même temps la peur de se distinguer de la masse, d’être jugé et de se sentir totalement seul. À travers la comédie, mon héroïne Haylah cherche à exprimer qui elle est, sa vulnérabilité, son autodérision, sa confiance en elle, et j’espère qu’elle fera (beaucoup) rire les lectrices et les lecteurs. Ce qui est, d’ailleurs, ce qui compte vraiment.

Parce que, comme le dit Haylah :

« Lorsqu’on trouve quelque chose de drôle dans ce monde si sérieux et plein de malheur et de méchanceté, c’est comme découvrir un diamant dans une grotte remplie de détritus : c’est précieux. »

 

Rebecca Elliott

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