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Chroniqueur
Posté il y a 6 ans
Rage
Rage est une écorchée vive, une réfugiée dont nous ne savons rien de précis. Son pays est en guerre, elle a perdu sa famille et a subi des sévices mais nous n’en saurons pas plus. Comment elle a fui, les camps de réfugiés, son arrivée en France, sa vie actuelle, nous n’en savons rien mais justement, cela fait la force du livre car ce flou, cette écorchure à vif que l’on sent nous la rend à la fois fragile et forte comme un animal traqué. Et justement, c’est la rencontre avec un chien de combat dans un très sale état qui va être le déclic pour elle. Touchée au cœur, elle n’aura en tête que de sauver l’animal.
Le chien est le miroir de Rage et Rage est le miroir du chien. L’écorchure, la peur, la force, la fragilité, l’envie de faire confiance à l’autre mais retenue par la peur : tous les rapprochent. Elle-même en prend conscience en disant « par quelle obscure ironie le destin de ce chien colle-t-il à ce point au sien ? Pourquoi faut-il qu’en parlant de lui on ne cesse de lui parler d’elle ? Car elle aussi a connu cela ; elle aussi vient d’un monde où les bourreaux et les victimes sont souvent confondus. »
Et sous nos yeux, nous assistons à une amorce d’ouverture. Rage comprend « qu’il faut faire avec ce qu’on perd…Et avec ce qui nous reste » et continuer à vivre plus apaisée. Le récit est d’une infinie pudeur, sobre et tendu.
Chers lecteurs, vous ne ressortirez pas indemne de cette lecture.

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