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La rédaction
Posté il y a 4 mois
Poser des mots sur vos peines vaut mieux que de vous résoudre au silence

Du haut de ses 15 ans, Elissa a vécu un drame : le suicide de sa mère, fragile et dépressive, qui a laissé une plaie béante dans son cœur. Brisée depuis ce jour, ses repères ont volé en éclats et cette absence a laissé dans sa vie un vide que rien ne peut combler. Avec son père, elle refuse le dialogue.

« À jamais nous porterions en nous une zone glacée, inhabitable, de silence. »

Ensevelie sous un silence qu’elle n’ose pas briser, Elissa est en proie à la colère, à l’incompréhension et à la haine : pourquoi sa mère l’a-t-elle laissée ? Aurait-elle pu l’aider ? Et puis il y a cette femme qu’elle déteste et qu’elle rejette : Iris, celle auprès de qui son père a refait sa vie. Aux yeux d’Iris, Elissa est persuadée de n’être que « la fille de l’autre », tache tenace qu’on peine à faire disparaître.

« Il me semble qu’elle l’a su très vite, que je la détestais. Il me semble qu’elle l’a su avant même de me rencontrer. »

Heureusement, il lui reste le sourire de sa meilleure amie, Manon, auquel elle s’accroche pour ne pas partir à la dérive. Mais parfois, malgré sa tendresse et sa bienveillance, elle la rejette. Peu à peu, un fossé se creuse entre les deux adolescentes.

Petit à petit, Elissa se coupe du monde, des autres, de sa famille et même de Manon. Comme prise au piège sous une couche de cellophane, elle erre, murée dans le silence et la colère. Âme en peine et en perte de repères, sa route croise celle de Yann, un garçon plus âgé avec qui elle s’enlise dans une relation charnelle dénouée de sentiment.

« Je n’aurais pas dû l’approcher, et pourtant je l’ai fait. »

Ravagée, Elissa se raccroche alors aux mots écrits sur des morceaux de papier abandonnés dans une salle de classe de son lycée. Ces courts poèmes font immédiatement échos aux maux dont elle souffre. Puissants, ils résonnent en elle. Bien que la jeune fille ignore qui en est l’auteur, ils sont comme une lumière au bout du tunnel et font renaître l’espoir d’être enfin comprise.

« J’avais besoin de ses mots. Ou tout simplement, de savoir qu’il y avait quelqu’un, au milieu du troupeau des élèves, qui souffrait que personne ne l’entende. »

Mais c’est en acceptant enfin d’écouter les autres, de dialoguer, qu’Elissa va comprendre les non-dits qui entourent le suicide de sa mère et retrouver le chemin vers les autres, et même l’amour. Marie Leymarie dépeint avec beaucoup de justesse et de sensibilité la complexité des relations familiales au sein de ce foyer recomposé où chacun peine à trouver sa place. Elle montre avec poésie et authenticité l’importance de la parole, surtout à l’adolescence : à vous qui lirez La Fille sous cellophane, roman aussi émouvant que percutant, n’oubliez pas que poser des mots sur vos peines vaut mieux que de vous résoudre au silence.

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