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Posté il y a 3 ans
La résistance, entre fiction et réalité

Elisa et Sophie sont deux amies de longue date. Et ce roman, c’est l’histoire de cette amitié au cœur de la seconde guerre mondiale. Ces deux jeunes femmes ont grandi ensemble et vivent à présent des événements terribles qu’elles ne peuvent que subir. Sophie ne compte pas rester les bras croisés, elle s’engage dans la résistance. Elisa, elle, aimerait. Mais elle a peur.

« C’est bien cela le danger : les hommes sont capables de s’adapter à des situations que toute la morale humaine, toute la conscience, devrait interdire. »

Il y a une véritable opposition entre le courage et la lâcheté, afin de nous montrer que si Sophie est le courage, Elisa n’est pas la lâcheté. Sophie Scholl est un personnage ayant réellement existé, exécutée à l’âge de 22 ans pour sa participation à un mouvement de résistance. Dans cette histoire, c’est une femme courageuse, admirable et compréhensive à l’égard d’Elisa.
Elisa, quand à elle, est une invention de l’auteure qui permet de montrer une autre réalité de la Seconde Guerre Mondiale : ces personnes qui ont peur. Pas une héroïne, pas une combattante, mais une fille qui voit l’horreur devant ses yeux et qui ne se sent pas capable de l’affronter. Et si l’auteure invente ce personnage, c’est pour nous faire songer à cette situation, pour nous montrer qu’il est facile d’imaginer que l’on peut s’engager au risque de perdre de la vie, mais qu’en réalité, c’est bien plus difficile, et les personnes qui ne le souhaitent pas ne sont pas à blâmer. Elisa ne cesse d’avoir honte de son comportement, mais Sophie la rassure, la comprend, et l’aime toujours autant.

« Il faut lutter, garder les yeux ouverts, rester en éveil. »

Cet amour qui lie les deux jeunes femmes est au centre de l’histoire. C’est ce lien qui tisse le récit, cette fidélité qu’Elisa incarne et cette force que porte Sophie, telle une figure maternelle, rassurante à l’égard de son amie.

« La guerre, c’est aussi avoir conscience de certaines choses beaucoup trop jeune. »

Le récit est rythmé par des flash-back très bien amenés, permettant de découvrir l’enfance des deux jeunes filles, jusqu’à l’arrivée de la guerre. On va suivre l’évolution des pensées des différents personnages, l’impact de la vision de leurs parents, les tensions qui montent entre les personnes ne partageant pas la même idéologie. On croise des nazis, des résistants, des gens résignés, des gens plein de volonté… Paule du Bouchet ne laisse personne de côté, nous interroge au travers de l’histoire d’Elisa. Tout comme elle, une peur nous habite, celle de perdre nos amis, notre famille. Celle de se retrouver sans l’amour de toutes ces personnes si chères à notre cœur. Et cette peur de ne pas être assez fort face à tout ça, tout ce chaos, toute cette horreur.

« L’homme est décidément un animal très adaptable. »

Ce livre nous montre qu’il y a de nombreuses formes de courage, et qu’aller au-delà de ses peurs en est une. Un court récit bouleversant qui invite à une profonde réflexion sur cette période dure de l’Histoire, sur la résistance, et sur ceux qui se sont résignés.

Article par Audrey de la chaîne Youtube Le souffle des mots.
Sur sa chaîne, Audrey partage avec vous son avis sur ses dernières lectures.

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