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Chroniqueur
Posté il y a 6 ans
Moi et les aquaboys
L’été arrive à grands pas, accompagné de son lot de soleil, de ses belles plages, de ses plongeons dans la piscine. Pour se mettre tout de suite dans le bain, je vous propose de lire Moi et les aquaboys.

Moi et les aquaboys, c’est l’histoire d’un trio de garçons, recalés à leur prestation de danse lors des auditions pour le programme télévisé Incroyable Talent. Ils vont alors se tourner vers la natation synchronisée, et vont prendre comme coatch Lou, jeune nageuse, ayant échouée à la sélection de natation pour les jeux olympiques.

De la natation synchronisée réalisé par des garçons… c’est pas commun du tout ! Mais pourquoi pas, après tout ? Rien ni personne n’a jamais interdit aux hommes de pratiquer des sports dits « de filles ». Dans ce livre, les stéréotypes volent en éclats et la normalité n’a pas sa place. Déjà, les garçons font de la danse ; puis de la natation synchronisée (c’est novateur !). Ensuite, Lou est une nageuse, grande de taille pour son âge (1m75 à 15 ans, quand même), avec un physique dit atypique (des épaules carrées de nageuse). Mais qu’importe ! D’ailleurs, ce livre m’a énormément fait penser à une histoire que j’ai lu il y a peu. Il s’agit du livre de T. S. Easton Les garçons ne tricotent pas (en public) qui dépoussiérait totalement les stéréotypes en faisant du tricot la passion d’un jeune garçon. En bref, dans Moi et les aquaboys, c’est la discipline sportive qui est mise en avant (on est plongé dans le monde de la natation avec ses privations, sa résistance physique et morale) et les efforts réalisés pour atteindre un objectif.

Objectif qui est soit réalisé, soit interrompu. Dans le cas de Lou, nageuse presque professionnelle, qui passait une large part de ses journées dans une piscine (le matin, avant les cours, entre les intercours, le soir, après la fin des cours), son échec lui a remit les idées aux clairs et l’a conforté dans ses choix. En effet, sans cette passion débordante, les journées paraissent interminables, et l’école totalement ennuyeuse.

D’autant que Lou est seule au lycée. Sa meilleure amie, Hannah, a été acceptée dans un camp d’entraînement intensif pour nageuses. Elle se retrouve donc seule, condamnée à se cacher dans la bibliothèque de l’école pour ne pas qu’on la voit seule, à acheter des sandwichs au lieu de manger à la cantine comme les autres élèves. Le regard des autres la dérange, elle se sent différente à cause de ces mêmes regards, écartée des autres parce qu’elle a le malheur d’être elle-même, et non pas comme tous les autres. Un thème couramment abordé dans les romans pour jeunes adultes, qui n’est donc pas novateur, mais qui permet, encore une fois, de pointer du doigt un thème grave, qui se produit abondamment dans toutes les écoles.

Je vous rassure tout de suite, Nat Luurtsema nous passe bel et bien un message sérieux (une belle leçon de morale selon laquelle il faudrait ouvrir notre esprit, et ne pas considérer la différence comme une forme de bizarrerie), mais elle incorpore dans son récit de nombreux passages comiques. On s’amuse bien avec Nat Lurtsema ! Elle place les protagonistes dans des situations déconcertantes et totalement improbables, tout en décrivant la/les scène(s) avec des mots tout aussi improbables, qui nous font hurler de rire. En tout cas, moi j’adhère à cet humour. Un humour simple, pas trop prononcé, mais quand même présent, qui ajoute une petite touche de dynamisme en plus au récit.

Un bon récit, frais à lire, qui amorce les vacances. Des thèmes forts et revendicateurs, contrebalancés par l’humour de l’auteure. Un bon roman, simple mais efficace, comme je les aime.

 

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