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La rédaction
Posté il y a 3 mois
Lu & conseillé par la librairie L’eau Vive

LES LONGUEURS, de Claire Castillon

L’avis de Madeline Roth, librairie L’eau Vive à Avignon, publié dans la revue PAGE des libraires.

 

Le père d’Alice est parti aux États-Unis. Alors, quand un ami de sa mère vient un peu le remplacer, Alice est heureuse. Elle a 8 ans. Au début, ce sont des caresses. Et puis ce sont des viols. Elle a 15 ans. Et une enfance brisée.

Claire Castillon nous a déjà habitués, en littérature générale comme en littérature jeunesse, à aborder des sujets forts. Ici, elle raconte comment l’emprise de cet homme a étouffé la parole d’une enfant pendant de nombreuses années. Il lui disait que si elle parlait, sa mère irait en prison et lui se suiciderait. Il lui parlait d’amour. Et elle le croyait. On est entraîné, malgré nous, dans la spirale qui engloutit Alice. Au début, ce n’est rien qu’un jeu. Mondjo, l’ami de sa mère, est entraîneur d’escalade. Il la prend sous son aile. Alice, en manque d’un père, est fière. Mais avec les années qui passent, l’étau se resserre. Les simples caresses deviennent des actes sexuels forts. Alice croit toujours, malgré les années, que cet homme l’aime et lorsqu’il vient vivre avec elle et sa mère, elle pense encore que c’est pour elle. Il l’éloigne de tous : de son père, de sa mère, de ses amis. Il la musèle, il la manipule. Et Alice voit très bien qu’elle n’est pas la seule victime : au club d’escalade, elle remarque les visages des autres petites filles. Pourtant, c’est la rencontre avec une ancienne victime de Mondjo, aujourd’hui anorexique, qui déclenchera le début d’une prise de conscience. On pense plusieurs fois au film Les Chatouilles – ici aussi, c’est un ami de la famille sur lequel ne pèse aucun soupçon. Le mot viol est prononcé une seule fois dans le livre, à la fin, lorsque Alice ose enfin en parler à son amie Émilie. La fin du livre, c’est le début d’autre chose. Alice parle enfin, à ses amis d’abord, puis à sa mère, et elles se dirigent vers le commissariat. C’est un texte nécessaire à la fois pour prévenir, mais aussi pour guérir. La postface du docteur Béatrice Gal rappelle bien ce chiffre : une jeune fille sur cinq va subir une agression sexuelle.

 

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