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Chroniqueur
Posté il y a 5 ans
Libération, de Patrick Ness

Il y a des romans pour lesquels il est difficile de mettre des mots dessus, d’expliquer ce qu’on a ressenti en les lisant parce qu’ils ont touché quelque chose en nous, parce qu’ils nous ont révolté, parce qu’avec eux on a vécu quelque chose. Libération, de Patrick Ness, fait partie de ces romans un peu hors du commun, au genre assez indescriptible, mais dont vous savez que vous ne les oublirez pas de sitôt.

Cette histoire, j’ai eu envie de la découvrir dès sa parution en VO. Je ne saurai dire pourquoi elle m’attirait autant, beaucoup plus que les autres romans de l’auteur que je n’ai par ailleurs jamais lu, mais j’avais envie de la lire. De la découvrir. De connaître l’histoire d’Adam. Et quelle découverte… Ce roman est une claque, un grand coup dans la fourmilière, un livre qui vous oblige à sortir de votre zone de confort pour découvrir quelque chose qui est juste… Plus. Plus que quoi ? Difficile à dire, mais plus que ce dont on a l’habitude en littérature jeunesse, très certainement. Le message que porte ici Patrick Ness est terriblement engagé, il est beau, il est fort et avec Libération, j’ai eu l’impression de lire une ode à la liberté d’être qui on veut et d’aimer qui on veut.

Je me suis énormément attachée à Adam au cours de cette histoire. Homosexuel dans une famille très religieuse, il est tombé amoureux d’un garçon qui lui a brisé le cœur et qu’il a de la peine à oublier, mais qui va bientôt déménager. Son bonheur et sa libération, il les trouvera dans les bras d’un autre et dans les moments passés avec sa meilleure amie qui seront toujours d’un soutien sans faille et qui n’hésiteront pas être brutal dans leurs paroles pour aider Adam. Au-delà de ces relations amicales et amoureuses, c’est toute la relation malsaine d’Adam avec sa famille que Patrick Ness nous dévoile. Des parents qui ne l’aiment pas, des reproches quotidiens, des non-dits et des souffrances psychologiques importantes. Pourtant, Adam résiste, se bat, avance. Jusqu’au point de non-retour quand son père l’accuse d’être responsable de ce qu’il vit au travail.

De fait, plus d’une fois Libération m’a révolté. J’ai eu envie de jeter le livre à travers la pièce, ivre de colère et de rage contre l’inhumanité des parents d’Adam, aveuglés par une foi quasi fanatique.Pourtant, l’évolution de son frère surprend, touche et nous montre que tout est toujours possible et que l’espoir est toujours permis. Et ce message là, autant que celui que porte Adam, il est tellement important. Parce qu’il est important de suivre sa propre voie, mais aussi de se rendre compte de ses erreurs et de combien elles peuvent blesser les autres.

Toutefois, nous ne suivons pas que l’histoire d’Adam ici, mais aussi celle de cette jeune fille assassinée que tout le monde semble oublier. Prisonnier sur Terre, son esprit est en quête de vengeance, et ne trouve pas la paix. Si j’ai mis un moment à comprendre l’intérêt de ces « interludes », c’est finalement arrivée à la conclusion du roman que j’ai compris quel message l’auteur voulait faire passer à travers ces passages. Je n’en dirais pas plus à ce sujet pour ne pas vous gâcher la surprise, mais sachez qu’ils contribuent à faire de Libération un très grand roman.

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