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Chroniqueur
Posté il y a 4 ans
Les mystères de Larispem : Tome 1

À part l’intrigue (notamment la manière dont elle fut conduite), tout est super génial ! Le plus triste, c’est qu’il frôle le coup de coeur, parce que l’histoire est clairement introductive. En même temps, vu la richesse de l’univers, je ne sais pas s’il aurait été possible de mener l’intrigue autrement. C’est assez linéaire, de plus, j’ai trouvé un manque d’émotion et d’action flagrant durant ma lecture. En revanche, l’aventure est là, les secrets aussi, les mystères sont palpitants et les interrogations nombreuses. J’ai hâte de voir comment la suite va nouer et démêler l’ensemble !

L’auteure présente un univers qui m’a de suite captivée. Nous avons un beau mélange entre steampunk et uchronie, deux genres de la science-fiction. Le premier est facilement repérable avec toutes ces machines et automates, avec la profession de Liberté (elle répare les mécanismes), avec la présence de Jules Verne. Ce dernier a beaucoup d’importance, une tour à son nom, ses romans ont façonné ce nouvel univers et je suis ravie de voir un de mes auteurs préférés aussi bien incorporés dans le récit. L’uchronie est elle super bien présentée, intéressante et permet de bonnes choses dans l’intrigue. Une uchronie, c’est le changement dans un instant T de l’Histoire, et si Louis XIV était mort à 20 ans ? Et si Napoléon avait conquis l’Asie ? Et si… vous voyez le genre de récit que l’uchronie peut donner, ici, l’auteure part de la Commune (fin 19e). Paris est devenu Larispem ainsi qu’un état indépendant de la France. Je trouve l’idée originale et fascinante, comme toutes les uchronies en général. Je trouve ça encore plus chouette d’avoir un tel univers dans la littérature jeunesse.

Lucie Pierrat-Pajot a construit tout un état passionnant, politiquement, économiquement, dans les moeurs, dans le langage même… Elle a fait des bouchers des personnages clés et elle s’est servie de leur langage pour développer son monde. J’ai adoré la manière dont s’exprime Carmine et les autres bouchers, c’est facile à lire et à comprendre, amusant et sympathique. L’ambiance est sombre, c’est une atmosphère particulière qui me rappelle Dickens par moment. Il y a ces orphelinats mystérieux, ces affaires de familles et de sang, de rues et de nuit… et tout ceci forme une intrigue agréable à découvrir, même si je la trouve trop introductive.

En maraudant la nuit, Carmine et Liberté tombent sur un ouvrage ancien, il appartenait à une vieille et sombre histoire de la Commune, les Frères de Sang. Ces derniers n’ont plus leur allure de mythe et deviennent un danger tangible pour l’état de Larispem. Quant à Nathanaël, son orphelinat regorge de secrets inquiétants, des morts et un professeur curieux. L’intrigue se concentre sur la présentation des différents protagonistes qui vont se révéler cruciaux pour la suite ; l’auteure nous parle de la Commune et de la construction de Larispem, des Frères de Sang et de leurs secrets ; elle place ainsi tous les éléments qui nous rendent accros. Le tout avec un style d’écriture très travaillé, prenant et fluide.

Côté personnages, j’ai vite adhéré à Liberté, ma préférée sur les trois. Elle est sensible, introvertie, réfléchie et sage, simple ; j’ai aimé son histoire, sa famille, son métier, sa manière d’être, elle me plaît énormément et je me suis sentie très proche d’elle. J’ai eu de grosses surprises la concernant et j’ai hâte de savoir où tout ce qui l’entoure va nous mener. Carmine est intéressante, c’est une jeune fille noire, boucher, elle est droite, directe. Elle n’a pas froid aux yeux, elle agit et j’ai surtout aimé ses relations avec son frère Cinabre et son père ; leur histoire m’a touchée. En revanche, je suis passée à côté de Nathanaël, il a un beau prénom, je suis fan de son environnement et de son histoire très passionnante à suivre. Mais sa personnalité ne le rend pas attachant, il n’y a qu’à la fin que j’ai pu voir un changement intéressant. Toutefois, chaque personnage a son physique, son caractère et son utilité, même les protagonistes secondaires ont un rôle à jouer, j’ai bien aimé Armand ou le professeur Valentine.

En conclusion, le roman n’a pas fait long feu, en quelques heures je l’ai entièrement dévoré. J’ai aimé les personnages vivants, l’intrigue sympathique, la plume passionnante et l’univers fascinant, l’auteure a su faire un bon premier tome. Il a des défauts, son univers riche et complexe occasionne un tome 1 ressemblant à une introduction, je suis restée sur ma faim. Néanmoins, ce sentiment me permet d’être impatiente de découvrir la suite. Ce roman est une très belle découverte, il est atypique, travaillé, original, captivant et agréable à lire.

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