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Chroniqueur
Posté il y a 1 an
Les longueurs par Claire Castillon

Ce roman traite d’un thème particulièrement lourd, la pédophilie.

Il nous plonge dans la tête d’Alice et se passe sur deux époques, lorsqu’elle était enfant et aujourd’hui, alors qu’elle a quinze ans.

Lorsqu’elle avait huit ans, elle a vécu le divorce de ses parents qui l’a fragilisée, d’autant plus que son père est parti vivre aux Etats Unis et a rapidement refait sa vie, la laissant elle et sa mère, le coeur brisé. C’est là que Mondjo est entré dans leur vie. Mondjo, c’est le meilleur ami de sa mère. Tous deux s’étaient quelque peu perdus de vue mais il a été l’épaule sur laquelle sa mère s’est appuyée. A partir de là, comme Alice l’adorait, il est resté dans leur vie, se frayant une place dans leur quotidien.

Les longueurs, c’est le récit de comment un prédateur parvient à faire accepter l’inacceptable petit à petit. De comment il construit sa toile et comment il opère un lavage de cerveau sur une petite fille qui n’a plus de repère.

C’est aussi le récit d’une prise de conscience progressive.

Il y a un parallèle qui s’opère lorsqu’on lit ce roman.

Dans la tête d’Alice lorsqu’elle a dix ans, on ressent de la révolte et de la colère. On se sent impuissant alors qu’Alice se fait piéger inexorablement. On veut hurler pour elle. On ressent une violence inouïe face au monstre qui se jette sur elle.

Dans la tête d’Alice qui a quinze ans et qui est témoin de scènes semblables voire pire, on a envie de la secouer, de réveiller son esprit critique. Celui-ci semble endormi mais il y a des choses qui la font tiquer et on aimerait tellement, mais tellement que cela agisse comme un détonateur pour elle!

Alors, toute la première partie du roman nous laisse dans un état d’esprit ambivalent et pendant ce temps, les pages défilent à une vitesse folle. On est dans une expectative. On sait que le pire arrive mais quelque part, on appréhende de le lire.

Ensuite, la seconde partie du roman nous montre comment la victime peut rester empêtrée dans la toile du prédateur. Comment il la manipule pour lui faire croire ce qu’il veut pourvu que ça aille dans son sens.
Elle montre également comme des victimes peuvent se reconnaître dans une foule sans qu’il n’y ait besoin de paroles. C’est édifiant et horrifiant.

Enfin, j’ai refermé ce roman, heureuse de la fin que l’auteure a choisie mais avec le cerveau en ébullition. Les longueurs est un roman qui fait beaucoup réfléchir. Malgré son petit format, il réussit véritablement à nous mettre dans la peau de la victime et une fois qu’on en sort, on est lessivé. C’est comme si on avait couru un marathon. Ce roman fait vraiment très fort et effectivement, j’ai envie de le mettre dans les mains de tous les enfants pour qu’ils sachent reconnaître les signes d’un prédateur. C’est un must-have pour tout parent, pour tout adulte, pour que ce crime soit reconnu lorsqu’il a lieu et que les enfants puissent l’exprimer.

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