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La rédaction
Posté il y a 3 semaines
Le récit profond d’une aventure humaine riche en émotions

S’il y a bien une chose que vous devez savoir au sujet de la famille de Violette, c’est que son arrière-arrière-arrière-grand-mère a été l’unique survivante d’un naufrage. C’est une histoire de famille avec laquelle Violette a grandi, et l’adolescente en est persuadée : elle a hérité du gène récessif du naufrage. Tout ce qu’elle entreprend est voué à l’échec.

« Retiens cette leçon une bonne fois pour toutes : ce sont les épaves, non les découvertes, qui coulent dans ton sang. »

L’an passé, alcool, histoires d’un soir et séduction ont rythmé ses journées : une véritable « année de la déglingue », comme elle la surnomme. À ce tableau s’ajoute Sam, son petit frère, rongé par l’anxiété et l’anorexie, effrayé dès qu’il y a trop de bruit mais brillant. Aujourd’hui, Violette est prête à tirer un trait sur cette année fracassante. Le déclic ? La tentative de suicide de Sam…

« En moins de deux heures, je suis devenue une mauvaise sœur, une mauvaise fille, une exilée. Simple comparaison : le Titanic a coulé en deux heures et quarante minutes. »

Au programme de l’été ? Thérapie dans le Vermont pour Sam et séjour dans le Maine pour Violette. Son oncle Toby l’accueille dans la résidence familiale, à Lyric, petite ville de bord de mer fondée par sa survivante d’arrière-arrière-arrière-grand-mère et nommée selon le fameux navire dont elle a réchappé. Là-bas, Violette renoue avec ses souvenirs d’enfance : avec Sam, complices, ils partaient souvent en quête de l’épave du Lyric, dont personne n’a jamais retrouvé la moindre trace. Mais ça, c’était avant, avant la tentative de suicide, avant l’année de la déglingue, à l’époque où un fossé invisible ne semblait pas s’être creusé entre eux….

« – Cet endroit était génial, avant… mais avoue que c’est devenu un peu déprimant, non ? »

Bien décidée à tourner le dos à son « année de la déglingue », Violette accepte de travailler à mi-temps à l’aquarium de la ville. Là, elle rencontre Orion, l’employé du mois chargé de la former. Rectification : l’unique employé de l’établissement. Leur rencontre va tout faire basculer. Orion est en terminal, il est gentil, à l’écoute, il joue du jazz avec brio et, pour couronner le tout, il est beau comme un dieu. Oui, vous l’aurez deviné, voilà qui met à rude épreuve les résolutions de Violette, dont l’été est supposé rimer avec cure de désintoxication sentimentale et boissons sans alcool.

« Je sais : ne venais-je pas de me raser le crâne pour faire fuir tout le monde ? N’avais-je pas juré d’éteindre radio Romance ? N’avais-je pas été si aveuglée par la luxure que je n’avais même pas été capable de comprendre ce que traversait mon petit frère, même à l’hôpital ? »

Mais Orion semble n’avoir d’yeux que pour sa meilleure amie, Liv, auto-proclamée « chercheuse de vérité ». Son objectif ? Trouver la vérité qui se cache derrière le naufrage du Lyric. Embarquée dans l’aventure en tant que descendante de l’unique survivante de la catastrophe, Violette se prête au jeu et accepte de fouiller dans le passé de ses ancêtres. Mais elle s’apprête à déterrer bien plus que des secrets de familles : et si mettre la main sur cette épave lui permettait de réaliser le rêve de Sam et de lui prouver, enfin, qu’elle tient à lui ?

« Je voulais retrouver ce bateau pour Sam, un point c’est tout. »

Du rire aux larmes, de la joie à la tristesse, avec Experte dans l’art du naufrage, Julia Drake livre le récit profond d’une aventure humaine riche en émotions, placée sous le signe de la résilience. Et si vous aussi, vous avez parfois l’impression de boire la tasse, rappelez-vous que vous pouvez choisir de lutter et de refaire surface, plutôt que de vous laisser sombrer. Après tout, dans « survivre », n’y a-t-il pas aussi le verbe « vivre » ? Une histoire de vie, rythmée de petits galets porteurs d’espoir, voilà qui définit bien ce roman empreint d’humour et de sensibilité.

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