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La rédaction
Posté il y a 1 mois
Le nouveau roman poignant d’Isabelle Pandazopoulos

Le nouveau roman d’Isabelle Pandazopoulos, L’honneur de Zakarya, paraît dans la collection Scripto. L’autrice nous livre le récit vibrant et sous tension d’un adolescent accusé de meurtre, au rythme des flash-backs et des jours de procès.

Zakarya Benothmane, vingt ans, comparaît pour le meurtre de son camarade de boxe et rival, Paco Moreno, retrouvé roué de coups et baignant dans son sang. Sauf que Zakarya ne l’a pas tué, Paco. Et que tout l’accuse, quoi qu’il dise. Parce que Zakarya est sujet à des pulsions violentes et a du mal à contrôler ses émotions. Mais, de là à commettre un acte pareil…

« Votre idée sur moi, elle est déjà faite, tout ce que vous racontez sur moi, sur ma vie, vous le tordez de travers pour que ça rentre dans votre histoire que vous avez construite, et que ça aille avec la mort de Paco. Alors, quoi ? La violence, OK, la violence… et après la violence ? »

La violence vécue par Zakarya prend de multiples formes, et ça commence dès l’enfance. La violence des non-dits et des faux-semblants. Un père qui ne l’a jamais reconnu. Une mère qui l’adore mais qui l’étouffe. Le départ du Morvan où il a grandi, vers une nouvelle vie à Paris. Toutes ces blessures qui ne se voient pas et le rongent.

« Il avait 15 ans, se sentait comme une page blanche, juste un peu sale et déchirée sur les bords. »

Sa rencontre avec Ousmane est un souffle d’air frais. Ce dernier lui fait découvrir la boxe, dans un club du 19ème arrondissement. Zakarya se lie d’amitié avec la bande d’amis d’Ousmane et rencontre Aïssatou, qui lui fait tourner la tête. Très vite, il révèle des capacités prometteuses pour la boxe, en plus de réussir son CAP de paysagiste… De quoi redonner espoir à sa mère. Mais il loupe des entraînements, continue les vols, enchaîne les gardes à vue… Il ne peut pas s’en empêcher.

« – Je peux pas expliquer.

– Essaie…

– Je fais des conneries pour pas me laisser détruire par ce qui m’angoisse. »

Aux yeux de la cour et des jurés, Zakarya est une cause perdue. D’autant plus qu’il refuse de dévoiler les zones d’ombre de la vérité. Pourtant, il y a toujours cet éclat vibrant dans son regard, comme quelque chose qui crie l’innocence, et ces mots qu’il ne cesse de répéter : « C’est pas moi, c’est pas moi, c’est pas moi qui ai fait ça… ». Zakarya est prêt à tout pour protéger son secret et respecter sa parole, quitte à se taire.

« Ce serait tellement plus simple de faire l’aveu qu’ils attendaient, ça irait tellement plus vite, plié en quelques heures.

En cellule, dans son trou à rats, il pourrait espérer un peu d’oubli. »

Avec son écriture d’une grande justesse, au rythme du souffle de son personnage qui voit sa déchéance arriver, Isabelle Pandazopoulos dit la descente aux enfers d’un adolescent mal dans sa peau, poursuivi par les blessures de son passé. L’autrice nous a habitués à ses sujets contemporains, ses personnages réalistes et émouvants plongés dans la vraie vie, celle qui n’est souvent pas facile. Une écriture à fleur de peau, un art de la construction… Isabelle Pandazopoulos parvient à nous faire vibrer pour Zakarya, son héros écorché vif. La vérité se révèle au fil des audiences et des flash-backs… Une lecture tendue, bouleversante.

L’honneur de Zakarya est un roman coup de poing, un roman psychologique intense qui rappelle d’autres récits bouleversants comme Mes coups seront mes mots d’Ibi Zoboï et Yusef Salaam, un roman en vers libres comme un direct au cœur dans lequel Amal, un lycéen noir américain, se retrouve en prison pour un crime qu’il n’a pas commis.

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