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Chroniqueur
Posté il y a 2 mois
Le Masque de Nô, un récit délicat et mélancolique

Les Chroniques de l’Erable et du Cerisier est un roman d’une très grande beauté. Ses pages nous offrent une histoire touchante menée par un jeune héros sensible, avec des paysages fabuleux.

 

La société dépeinte par Camille Monceaux fourmille d’activités et de couleurs. Nous découvrons la richesse et les trésors de la culture japonaise, tout en côtoyant les vagabonds, les artistes et les courtisanes qui peuplent les rues d’Edo. Aux côtés du jeune Ichirô, nous déambulons dans la capitale nippone du XVIIè siècle, fascinés par la beauté de ses traditions, mais également écoeurés par la profonde misère des habitants et la tyrannie du shogun. Ce premier tome est une véritable immersion au coeur de ce Japon médiéval, où chacun de nos sens est éveillé.

 

A cette agitation fourmillante s’oppose le calme et la sérénité de la montagne où a grandi Ichirô. Le début du récit nous conte son enfance ; une enfance marquée par la quiétude et la solitude, une enfance passée à l’écart du monde, loin des luttes intestines qui se jouent à l’extérieur.

Il m’a fallu un certain temps pour dépasser cette première partie. Le rythme y est lent, contemplatif, mais ce n’es absolument pas un défaut. Bien au contraire, il nous permet de flâner, de nous laisser aller au fil des pages, et surtout de nous familiariser avec Ichirô. Pour tout avouer, j’ai pris presque un mois à lire ce livre, ce qui est très inhabituel pour moi. Et cela m’a fait beaucoup de bien. Pour une fois, j’ai vraiment pris le temps de me poser pour lire, et ma lecture n’en a été que plus agréable. Ce tome 1 apparaît comme une quête initiatique pour notre héros, et le temps passe lentement. Nous le voyons grandir, marqué par les événements qui bouleversent sa vie. Par la durée de ma lecture, j’ai vraiment ressenti le passage des ans et des saisons, ce qui m’a permis de beaucoup m’attacher à Ichirô.

 

Car ce roman ne serait pas le même sans son conteur. Ichirô est un jeune homme sensible et courageux. A travers ses mots, nous grandissons à ses côtés, et une véritable complicité se tisse entre le lecteur et lui. Il est impossible de ne pas se reconnaître en lui par certains de ses questionnements, ni de ne pas s’y attacher. Toujours, nous avons envie de la soutenir, et même de le consoler parfois. Car l’histoire de ce roman est teintée de tristesse, elle est bien plus mélancolique que légère, malgré les autres personnages qui entourent Ichirô. Courtisanes, comédiennes, artistes, samouraïs, fabricants d’éventails… Mention spéciale à Daichi et Shin, qui sont tellement touchants !

 

Moi qui suis passionnée de théâtre, j’ai été comblée. Une grande partie de l’histoire se déroule sur les planches du théâtre kabuki. Je n’y connaissais rien en art dramatique japonais, et il m’a fascinée !

 

 Le récit doit principalement sa beauté à la plume de Camille Monceaux. Avec élégance, elle relate les faits de son histoire et nous enchante par ses descriptions. Je buvais ses mots, c’était magnifique à lire ! Son écriture poétique, presque onirique, contraste avec la misère de la vie à cette période ; c’est un savant mélange entre délicatesse et réalité. 

 

 Les Chroniques de l’Erable et de Cerisier a donc été un coup de coeur sur tous les plans, qui m’a enchantée jusqu’à la dernière page. Il ne me reste plus qu’une chose à faire : lire la suite !

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