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La rédaction
Posté il y a 3 ans
Le chant de l’amour adolescent

Charlène, rédactrice On Lit Plus Fort, a lu La Chanson d’Orphée et vous invite à découvrir ce roman aux accents poétiques envoûtants !

En tournant la première page de La Chanson d’Orphée, le dernier-né de la plume de David Almond, on est immédiatement charmé, envoûté par une prose musicale, mélancolique et chantante. Des plages venteuses du nord de l’Angleterre jusqu’aux tréfonds des Enfers, l’écrivain britannique aux multiples récompenses prestigieuses, dont la fameuse Carnegie Medal ou le prix Hans Christian Andersen, se montre ici le digne héritier du célèbre conteur dans un nouveau roman aux accents poétiques et envoûtants.

« Je suis celui qui apprivoise les animaux sauvages, qui fait descendre les oiseaux du ciel et remonter l’eau vers sa source. Je suis celui qui a chanté son chemin dans les ténèbres vers la Mort pour ramener Ella. »

La chanson d’Orphée se veut une revisite moderne du mythe grec d’Orphée, ce poète vagabond béni par Apollon qui, grâce à sa lyre, pouvait enchanter le cœur des hommes, des animaux et même émouvoir les pierres. On lui attribue l’invention de la cithare, une légende qui trouvera écho dans le récit de David Almond sous les traits de la guitare artisanale que transporte le personnage d’Orphée. La légende originelle raconte qu’à la mort de sa fiancée Eurydice, mordue au pied par un serpent, Orphée l’aurait suivie jusqu’en Enfer pour la sauver. Là, grâce aux pouvoirs de sa lyre et de son chant, il aurait endormi les terribles gardiens, le chien à trois têtes Cerbère et les infernales Erinyes afin de parvenir jusqu’à Hadès. Celui-ci aurait alors accordé à Orphée le droit de ramener Eurydice dans le monde des vivants, à la seule condition qu’il marche sans jamais se retourner jusqu’à ce qu’il soit sorti des Enfers. Orphée se rassure tout au long du voyage en entendant les pas de sa fiancée derrière lui dans le noir, mais, alors qu’ils touchent au but, plus rien ne résonne dans le silence et le jeune homme ne peut s’empêcher de se retourner pour se rassurer. Il n’a alors que le temps de voir qu’Eurydice le suivait bel et bien, avant qu’elle ne disparaisse, condamnée pour l’éternité.

« C’était le chant de tout, de la vie, de l’amour, de la création. C’était la chanson d’Orphée pour mon amie Ella Grey. »

David Almond les imagine alors, Orphée et Eurydice (renommée ici Ella), en amants maudits, condamnés à errer dans le temps et à se retrouver encore et encore pour se perdre toujours. Dans cette réinterprétation du célèbre mythe, l’histoire nous est contée par Claire, la meilleure amie d’Ella, dans une adresse directe à la fois poignante et authentique. Spectatrice de leur tragédie, condamnée à perdre sa meilleure amie, Claire retrace la succession d’évènements qui a conduit Orphée et Ella à se rencontrer, tomber éperdument amoureux (comme le destin l’exige) avant d’être arrachés l’un à l’autre.

Cette façon de raconter leur histoire à travers un personnage extérieur rend le récit incroyablement puissant : en plus de vivre la passion d’Ella et Orphée, on vit également la jalousie de Claire, son amour pour son amie, sa tristesse ainsi que son deuil, dans une ambiance d’irréalité, de rancœur et de désespoir qui nous atteint au cœur.

« C’est plus fort que tout. C’est ce qui permet à la mer de déferler, aux étoiles de briller, c’est ce qui nous permet de vivre. »

La Chanson d’Orphée, c’est le tourbillon des amours adolescentes, des premiers émois et des folies de la jeunesse, les excursions sauvages sur des coups de tête et les soirées entre copains. C’est un chant qui se déroule, rythmé et poétique, au fil des pages. De l’amour insensé, absolu, aux plus noirs des Enfers, ce titre vous envoûte et ne vous lâche plus, jusqu’à la dernière ligne.

« Il y a autant d’étoiles dans le ciel que de grains de sable sur toutes les plages du monde. »

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