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Chroniqueur
Posté il y a 3 mois
L’année de grâce

« L’immensité de l’eau, le vent, la lumière implacable du soleil.. tout cela nous évoque la liberté, mais nous savons que c’est un leurre. C’est comme cela qu’ils nous brisent. Ils nous confisquent tout, jusqu’à notre dignité, et la moindre miette obtenue en retour nous fait l’effet d’un cadeau. »

Dans le comté où vit Tierney, il est dit que les filles ont un pouvoir : celui d’attirer les hommes et de rendre leurs épouses folles de jalousie. C’est pourquoi, afin de dissiper leur magie, elles sont toutes bannies et exilées loin de leurs familles, au cœur d’une forêt lugubre, l’année de leurs seize ans. Les villageois appellent ça l’année de grâce, mais personne n’en parle plus en détails. Qu’est-ce que c’est exactement ? Que s’y passe-t-il ? Plus mystérieux encore, tout le monde n’en revient pas vivant.. Pourquoi ?

Dès le début de l’histoire, le ton est donné et j’ai été choquée, révoltée. Les femmes ne peuvent pas prendre de décisions, se rassembler, faire des études, choisir un travail ou celui qui partagera leur vie, ni même se promener seules sans être jugées par autrui. En clair, elles n’ont aucun contrôle sur leur propre existence et les hommes ont la mainmise sur absolument tout ce qui les concerne. Répugnant.

« C’est le problème, quand on laisse entrer la lumière : dès qu’on vous la reprend, l’obscurité paraît encore plus terrible. »

L’autrice nous présente ici un univers glauque à l’ambiance oppressante, pesante, et c’était cruellement bien amené. Je m’y croyais. Le cadre est dystopique, nous le savons, et en même temps, tout ce que j’avais sous les yeux avait l’air si réel. C’était effrayant. Il y a des situations que j’ai trouvées dures et profondément injustes, mais heureusement, d’autres m’ont redonné une petite lueur d’espoir.

Vous l’aurez compris, j’ai aimé cet ouvrage, dont j’ai fait une relecture. Seulement, comme pour la première fois, je n’ai pas (du tout) apprécié la romance — qui, à mes yeux, n’était pas crédible — ainsi que le dénouement. En dehors de ces détails, j’ai passé un bon moment.

L’année de grâce est un roman brut et violent qui fait froid dans le dos et qui mêle superstition, ignorance, peur, tolérance, solidarité, liberté, amitié et amour. C’était parfois difficile à lire et certains passages m’ont mise mal à l’aise, d’autres en colère, mais c’était peut-être le but recherché : faire réagir le lecteur. Pari réussi.

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