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La rédaction
Posté il y a 2 mois
La résilience des survivants

On a tous des cicatrices, certaines sont juste plus visibles que d’autres.

Ava Lee est une grande brulée. 60% de son corps a été ravagé par les flammes qui ont détruit sa maison et tué ses parents, ainsi que sa cousine Sara. Recueillie par son oncle Glenn et sa tante Cora, Ava passe près d’un an à l’hôpital, entre soins intensifs, greffes de peau et rééducation.

« En quoi est-ce une chance d’avoir survécu ? Mon père, ma mère et ma cousine Sara sont sûrement en train de danser dans une prairie céleste, à moins qu’ils ne se soient réincarnés en singes en Inde, les petits veinards, tandis que moi, je dois subir la ronde interminable des opérations et des médecins, et supporter d’être scrutée sous toutes les coutures par des inconnus. »

Seulement voilà, ce drame qui a fait basculer sa vie ne lui a pas coûté que son apparence physique : le traumatisme la hante. Sans oublier la mort de sa famille : comment se remettre de la perte de ceux qui nous aimaient inconditionnellement ? Et comment prétendre former une nouvelle famille avec Cora et Glenn, qui pleurent leur propre fille derrière la porte close de leur chambre ?

« Aujourd’hui, il n’y en a plus qu’une seule : la fille brûlée. »

Après un an cloîtrée dans sa chambre d’hôpital, Ava a rompu tout lien avec l’extérieur et avec sa vie d’avant. Cependant, ceux qu’elle désigne comme le Comité en charge de sa vie en ont soudainement décidé autrement : dès la semaine prochaine, Ava doit tenter de se « reconstruire une nouvelle normalité ». Pour cela, elle intégrera un nouveau lycée, ainsi qu’un groupe de soutien pour les grands brûlés.

« Personne ne peut survivre au lycée seul ! »

Trainant les pieds mais concédant un essai de deux semaines à Cora, Ava se rend au groupe de soutien. Là, elle rencontre Piper, brûlée et paralysée des jambes suite à un accident de voiture. Si Ava est résignée, Piper a la rage de vivre. Sarcastique, effrontée et imprévisible, elle oblige Ava à sortir de sa bulle et à se confronter à la réalité.

Une réalité difficile et cruelle, où les autres ados du lycée les dévisagent à tout-va, chuchotent sur leur passage, où la reine du lycée Kenzie King prend immédiatement Ava en grippe… Une réalité, aussi, où les enfants ont peur de son visage, où des inconnus croisés au supermarché ou au théâtre lui posent des questions indiscrètes tandis que d’autres détournent le regard ou refusent de la toucher.

« Voilà pourquoi je n’ai pas besoin de miroir ; je rencontre mon reflet dans les yeux de tous ceux qui m’entourent.

Mon visage me revient sans cesse en pleine face. »

Sous la plume d’Erin Stewart, les cicatrices d’Ava prennent vie avec une justesse et une fluidité douce-amère. Les quelques 450 pages de Dévisagée s’engloutissent comme une soirée entre amies : dans la tendresse, les confidences, l’empathie mais le rire aussi. Abordant avec une grande justesse la douleur des grands brûlés, mais aussi la réalité adolescente du lycée, les rêves que l’on souhaite accomplir et les amours naissants, ce premier roman est une ode à la vie et au courage.

« Tourner la page ne veut pas dire oublier, murmure-t-elle. Ça veut dire laisser partir la douleur. »

Sans tomber dans la caricature, ni dans le cliché, Dévisagée nous entraîne dans ses rebondissements si propres à la vie lycéenne, mais aussi à la dure réalité de la vie elle-même. Rien n’est jamais vraiment ce qu’il semble être et le récit ne tombe pas dans la facilité. Les personnages sont incroyablement justes et attachants, empreints de réalisme. Chacun se soutient et permet à l’autre de tirer le meilleur de lui-même, d’affronter ses démons et ses obstacles.

« Tu sais, ça me fait penser à la chanson tout à l’heure : les autres nous changent. C’est comme si on était des boules sur une table de billard. Certaines roulent au hasard, mais d’autres suivent une logique dans le chaos et, quand elles nous heurtent, elles modifient notre trajectoire. »

Dans la lignée de John Green et Jennifer Niven, le parcours de résilience d’Ava, dur, intense et magnifique, vous emmènera au plus près de l’émotion – du rire aux larmes, préparez-vous pour une grande claque d’humanité.

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