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Chroniqueur
Posté il y a 8 mois
Hôtel Castellana

Imaginez: c’est l’été. Il fait si chaud que vous baignez dans votre sueur. Lorsque vous êtes dans le centre ville, une agitation se fait ressentir. Une espèce de fébrilité. Mais lorsque vous vous éloignez des sentiers battus et que vous vous enfoncez dans la campagne, les routes se font désertes. La misère est de plus en plus apparente et omniprésente. Elle est tellement évidente que vous vous sentez mal dans votre peau. Vous savez que vous n’êtes pas à votre place. Vous vous sentez comme un sou trop neuf. Autour de vous, vous constatez que les gens n’ont pas le droit à une douche fraîche malgré la lourdeur de l’air. L’eau courante n’existe pas. Manger à sa faim est un luxe que peu peuvent s’offrir.

Maintenant, revenons dans le centre ville, au lieu qui a donné son nom au titre du roman. L’Hôtel Castellana est l’équivalent des hôtels Hilton de notre époque. C’est un lieu scintillant qui fait bling bling. Lorsque vous entrez dans le hall, vous sentez tout de suite l’air conditionné, poussé à fond. Passez ne serait-ce qu’une minute dedans et quand vous ressortirez dehors, vous aurez l’impression d’entrer dans un four.

C’est là que Danny rencontre Ana. Ana officie comme femme de chambre dans l’hôtel mais on apprend rapidement qu’elle a quelques secrets car elle reçoit des messages menaçants.

A travers Ana, Danny découvrira l’Espagne sous un autre prisme.

En effet, autour d’elle, gravitent plusieurs personnages. Puri, la cousine d’Ana, travaille dans un orphelinat. Elle s’occupe des enfants en attendant qu’ils soient un jour adoptés, s’ils ont cette chance. Rafa, le frère d’Ana, rêve d’aider son meilleur-ami Fuga à devenir toreador. En attendant que cela se concrétise, Fuga travaille comme fossoyeur et Rafa à l’abattoir.

Parce que Danny ambitionne de devenir photojournaliste, il va être confronté à la réalité de la vie quotidienne des Espagnols.

Son cheminement se lit comme une enquête car en alternant les points de vue, nous apprenons différents éléments qui, mis bout à bout, nous dépeignent un tableau d’ensemble incroyable.

J’ai véritablement été absorbée par ce récit: non seulement il se lit comme une tranche de vie doublée d’une romance mais il nous intrigue. Je me suis demandée où il m’emmènerait. Dire que j’étais submergée est un euphémisme. Les pages se sont lues à une vitesse folle.

Ce roman a une dimension politique évidente mais c’est surtout la dimension sociale qui m’a marquée ici. On est immergé dans une grande Dépression. On ressent le fatalisme d’une population habituée à vivre dans la peur et le silence. On le ressent comme si on le vivait nous-mêmes et non pas comme un témoin de l’action. C’est intense.

La fin du récit se double d’un twist que je n’ai pas vu venir. J’ ai été surprise. Dans le même temps, il sert un argument historique percutant et qui nous touche au plus profond de notre être. J’ai vraiment énormément appris de ce roman.

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