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Posté il y a 1 mois
Hôtel Castellana : un super quatrième roman historique signé Ruta Sepetys

Ruta Sepetys écrit toujours des romans historiques, fondés sur des faits réels et de nombreuses recherches en archives. Après les goulags dans « Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre », l’Amérique des années 50 dans « Big Easy », la Seconde Guerre mondiale à travers le naufrage du Wilhelm Gustloff dans « Le Sel de nos larmes », l’auteure signe un quatrième roman au cœur de l’Espagne franquiste d’après-guerre. Comme à chaque fois, elle nous transporte dans le Madrid des années 1950 de manière magistrale. Les descriptions tant des lieux que des personnages, leurs manières de s’habiller, de vivre (ou de survivre), leurs émotions, leurs sentiments… On peut facilement s’imaginer les scènes qu’elle décrit, même les plus dures.

J’ai particulièrement aimé les personnages de Fuga et de Rafa qui, malgré toutes les horribles choses qu’ils ont vécu continue de croire en une vie meilleure, en leur rêve de devenir des professionnels dans le monde de la corrida. On ne peut qu’y croire avec eux après avoir pris connaissance de leurs jeunes années.

Ruta Sepetys nous fait découvrir avec force détails l’histoire de l’Espagne de Franco après la Seconde Guerre mondiale. Alors que la Guerre froide a commencé et que le monde occidental a été libéré des totalitarismes, les Espagnols vivent toujours dans un régime dictatorial, en décalage, donc, avec le reste de les sociétés européenne et américaine de libertés et de consommation qui se développe grâce au plan Marshall. Dans ce roman, on voit énormément de choses :

  • Les années 1950 avec le fossé qui perdure entre les riches et les pauvres, entre les Espagnols et les visiteurs étrangers, entre ceux qui se battent pour survivre et ceux qui en profitent largement, entre un système répressif (symbolisé par la Guardia Civil) et le monde libre.
  • En filigrane durant toute la lecture, l’histoire des Républicains espagnols massacrés par Franco et ses partisans se fait sentir. Elle est seulement évoquée mais toujours lourde de sens.
  • La fin du roman est marquée par la période succédant la mort de Franco, encore nourrie d’incertitudes, mais en même temps, empreinte d’une certaine joie d’être enfin libéré d’un tyran.

Pour finir, il y a un élément de ce roman qui me paraît particulièrement important à pointer du doigt : l’histoire des bébés volés. J’ai découvert cela par hasard en regardant un téléfilm en replay sur 6play (Les enfants volés) il y a plusieurs mois. En lisant ce livre, j’ai très vite reconnu qu’il était question de cela. Cette partie de l’histoire espagnole a longtemps été cachée et ce n’est que très récemment que des procès ont pu avoir lieu. Ce scandale peu connu mérite qu’on s’y intéresse plus avant, qu’on le fasse connaître en espérant qu’un jour, peut-être, tous les enfants volés pourront retrouver leurs parents biologiques.

En bref, c’est un quatrième roman génial que je recommande à tous les fans de romans historiques et ceux qui s’intéressent de près ou de loin à la société espagnole d’après-guerre.

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