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Chroniqueur
Posté il y a 3 mois
« Nous ne sommes vraiment morts que si vous nous avez oubliés »

Ruta Sepetys m’impressionne un peu plus à chaque fois que je découvre un de ses romans, et cela ne fait que confirmer mon envie de suivre son actualité littéraire. Vous avez forcément déjà entendu parler d’une de ses publications : Big easy, Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre, ou l’avant-dernier, Le sel de nos larmes. Ce sont tous des romans qui m’ont beaucoup plu !

Qu’on se le dise tout de suite, j’ai adoré lire Hotel Castellana. En plus de se lire rapidement, la période de l’histoire espagnole qui y est abordée est tout simplement passionnante – bien qu’elle n’ait rien d’agréable, évidemment. Tout le monde connaît Guernica, le tableau de Picasso, parce qu’il montre l’horreur et la violence de la guerre civile. Mais saviez-vous tous qu’une dictature de plus de 40 ans a suivi cette guerre ? C’est assez difficile de se rendre compte que jusqu’en 1975, le pays était sous le contrôle total de Franco… Pour ma part, c’est quand je compare avec l’âge de mes grands-parents que je me rends compte que finalement, tout est si proche de nous. Et cela le devient encore plus avec Hotel Castellana.

Comme l’explique très bien Ruta Sepetys à la fin de son roman, le point de vue d’une personne extérieure à l’Espagne permet de mieux saisir l’atmosphère pesante qui règne sur l’Espagne. D’ailleurs, si j’ai retenu quelque chose, c’est que « c’est compliqué ». Ces mots, répétés à plusieurs reprises, prennent tout leur sens quand vous lisez ce roman. Et bien que tout soit compliqué à l’époque, nous sommes transportés sans aucun mal dans ce Madrid de 1957. Je pouvais presque sentir la chaleur sur ma peau, j’ai imaginé sans peine le soleil éblouissant, les rues animées de la ville, et surtout l’hôtel. J’ai adoré accompagner Daniel au fil de ce roman – ou bien était-ce le contraire ?

L’Histoire se déroule doucement devant nos yeux. Nous découvrons plusieurs lieux, plusieurs personnages, plusieurs vécus. On ne peut que constater la peur et la menace qui flotte, à chaque coin de rue, dans chaque foyer. Mais aussi l’endoctrinement effrayant du pays et des jeunes générations, la considération de la femme dans la société, la censure, la police politique. Malgré ces conditions de vie, les personnages que nous rencontrons sont plus solaires les uns que les autres ! J’ai refermé le livre en ayant le sourire et l’enthousiasme de Rafa en tête, ainsi que la résilience de Julia, la détermination d’Ana et l’engagement sans faille de Fuga. Même les personnes plus secondaires apportent tous quelque chose, entre Bouton qui est adorable et Lorenza glaçante, ils constituent une facette supplémentaire de ce puissant roman. En plus de tout ça, de nombreux extraits de journaux et archives donnent encore un peu plus de relief au récit.

La grande force d’Hotel Castellana, c’est également la facilité avec laquelle on se glisse entre ses pages. Daniel est si gentil, passionné et attentionné qu’il est difficile de ne pas s’attacher à lui. D’autant plus que son jeune âge facilite les choses ; on s’imprègne mieux de ses émotions et on découvre en même temps que lui ce pays et son peuple qui dissimulent beaucoup. D’ailleurs, Daniel ne comprend pas toujours se qui se joue sous ses yeux, mais rien n’est laissé de côté par Ruta Sepetys, qui met le doigt sur les choses qui dérangent : la pauvreté, les relations entre les pays étrangers et leur réaction vis-à-vis de la dictature, et surtout le trafic d’enfants.

Il m’est très difficile de résumer une telle lecture en quelques mots ! Ce roman porte tellement en lui. C’est un rappel de notre devoir de mémoire. Je suis réellement heureuse d’avoir eu l’opportunité de le découvrir. J’encourage évidemment toute personne intéressée à en faire de même ! Hotel Castellana est sans conteste une lecture qui a marqué mon année 2020.

PS : la citation du titre figure sur l’une des premières pages du roman. Il s’agit un fait d’un épitaphe anonyme, pour la fosse commune de la guerre d’Espagne.

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