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Chroniqueur
Posté il y a 3 semaines
Hôtel Castellana, Ruta Sepetys

Une plongée historique dans l’Espagne sous le dictateur Franco menée par une plume talentueuse.

Un coup de maître.

Ruta Sepetys a envie de transmettre l’Histoire. Cela se sent, cela s’applaudit et cela est magistralement réussi.

Mais on le savait déjà que cette autrice était douée pour raconter l’Histoire. Elle l’avait déjà prouvé avec le bouleversant Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre et l’émouvant Le sel de nos larmes. Hôtel Castellana ne déroge absolument pas à la règle.

Madrid, années 50. Ana vit avec son frère Rafa, sa grand-soeur et son beau-frère. Républicains, leurs parents ont été tués pendant la guerre civile. Tous les sous gagnés sont alors mis de côté dans le seul espoir de quitter un jour leur village pour une vie meilleure, tous ensemble. Ana travaille à l’Hôtel Castellana où de nombreux Américains logent depuis que Franco leur a ouvert les portes du pays. Deux mondes s’opposent : celui d’Ana ainsi que de la majorité des Espagnols et celui des riches américains venus conclure des parts de marché avec la dictature.

« Les filles sont plus jolies avec la bouche fermée » telle serait presque la devise de la famille d’Ana. Dans un pays, où la liberté est proscrite, les secrets sont souvent mieux enfouis que révélés.

Dan est le fils d’un grand magna texan du pétrole. De mère espagnole, il accompagne ses parents dans la capitale catalane. Ce jeune homme ne souhaite absolument pas suivre les traces de son père, il souhaite devenir photojournaliste. Sensible, curieux et intelligent, c’est à travers son regard extérieur que nous découvrons la vie des Espagnols pendant la dictature. Logeant à l’Hôtel Castellana, il y rencontre Ana. Cette rencontre et toutes ses conséquences changent toute sa vie.

Ruta Sepetys a choisi de nous raconter cette histoire espagnole d’un point de vue extérieur. Celle d’un américain, comme elle. Et c’est très ingénieux parce que cela nous permet d’entrer pleinement dans l’histoire. Pour preuve, j’ai dévoré en une journée ce pavé. Nous sommes ancrés dans ce roman, on vit à côté des personnages, on découvre avec appréhension leurs secrets, leurs peurs et leurs espérances. L’autrice ne se sert pas du contexte historique comme un simple décor, elle fait de lui un personnage à part entière. Et une fois, terminé le roman, on a juste l’envie d’en découvrir encore plus sur cette période de l’Espagne. Si Ruta Sepetys nous en offre déjà un aperçu complet ( on sent vraiment un grand travail de recherche derrière son roman), elle nous donne envie d’en savoir encore plus. Peut-être pour rester quelque temps encore la tête plongée aux côtés d’Ana, de Fuga ou encore de Bouton. Ou juste par curiosité historique. Ou les deux.

Ce que j’ai aimé, c’est que Ruta Sepetys ne crée pas une histoire rocambolesque. Elle écrit une histoire réaliste sans y ajouté de fioritures, sans en faire trop. Et dans certains romans, cela pourrait engendrer une histoire simple oubliée dans quelques semaines. Alors que là non. Et c’est ici que l’on peut observer tout le talent de l’autrice.

En réalité, Je pourrais disserter sur ce roman encore et encore, mais pour le comprendre et l’aimer, il faut juste que vous le lisiez.

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