Vous souhaitez devenir chroniqueur et être publié sur notre site ?

Pour déposer votre candidature, il faut au préalable devenir membre de la communauté On lit plus fort !

Me connecter

Mot de passe oublié

Chroniqueur
Posté il y a 2 mois
Hôtel Castellana – Ruta Sepetys

J’adore les romans de Ruta Sepetys. Je les trouve riche en faits historiques, bien documentés, bien abordés, plein d’émotions avec des personnages extraordinaires. J’avais repéré Hôtel Castellana à sa sortie en VO. Je croisais fort les doigts pour que Gallimard le rachète et c’est chose faite ! Je me suis lancée dans sa lecture avec aucune appréhension. J’étais certaine que j’allais sortir de ma lecture conquise.

Et j’ai eu raison ! J’ai adoré me plonger dans l’Espagne de l’après-guerre toujours sous la dictature du Général Franco. Il a fait régner la terreur dans son pays pendant 36 ans. Nous sommes plongés en 1957, durant les premiers accords entre les États-Unis et l’Espagne. Nous suivons plusieurs personnages, mais quatre plus particulièrement : Ana, son frère Rafa, tous deux ayant survécu à la Guerre Civile mais ils n’en sont pas sortis indemnes, leur cousine Purification, bénévole dans un orphelinat dirigé par des Soeurs et enfin, Daniel, un jeune texan de l’âge d’Ana, client de l’hôtel où elle travaille cette dernière. Quatre personnages. Quatre destins. Quatre façon d’avoir vécu la guerre différemment. Deux classes sociales : pauvres et riches. Ces quatre personnages vont se croiser, vont se lier et leur deux mondes vont se confronter.

Encore une fois Ruta Sepetys montre tout son talent de narratrice. Elle nous plonge dans son roman, en y reproduisant l’atmosphère qui règne en Espagne, mais toujours de manière humble. C’est ce que j’aime avec cette autrice. Elle ne l’a pas vécu, donc elle ne peut pas réellement comprendre. Mais, elle tente du mieux qu’elle peut de s’imprégner grâce à ses recherches – pour ce dernier plus de 7 ans – aux témoignages mais également en créant un personnage à son image : Daniel. Daniel est texan, il n’a pas connu la Guerre Civile, il ne connaît pas l’ambiance, la terreur que les espagnols vivent et surtout, il ne connaît pas la pauvreté du peuple, qui survit. Daniel, c’est Ruta Sepetys. Comme lui, elle ne sait pas, ne comprend pas et elle va s’immerger dans ces petits quartiers où vivent des familles, qui n’ont plus rien, qui galèrent pour subvenir à leurs besoin. Ces familles, ces enfants victimes du régime. Je trouve ça beau. Ruta Sepetys s’immerge, tente de raconter l’Histoire, pour enlever les non-dits, enlever ce silence et pour la liberté. À la fin de ma lecture, je suis toujours très heureuse de plonger dans sa note d’auteure où elle explique ses recherches, pourquoi elle a voulu aborder ce pan de l’Histoire. C’est très intéressant et nous montre qu’elle ne fait pas les choses à moitié. Ses recherches, nous les voyons au fil de son récit. Ici, des extraits d’interviews, de journaux et des photos sont parsemés tout le long du roman. Je trouve que cela nous immerge encore plus dans la période et nous permet, peut-être, d’un peu mieux comprendre la politique, l’état d’esprit des États-Unis face à cette dictature, l’oppression qu’a vécu le peuple espagnol etc.

Son écriture est parfaite. Ruta Sepetys sait très bien mêlé l’Histoire, les émotions et la psychologie des personnages. Elle dit les choses avec honnêteté. Les émotions sont bien présentes. On a le cœur qui se tord, on a le cœur qui fond, on a envie de pleurer, mais aussi de rire, on sourit. Tout est bien dosé, rien ne fait qu’on tombe dans le pathos dans le but de « faire pleurer dans les chaumières ». Ce n’est pas forcé, c’est réel. On est pris dès les premières pages. Les pages défilent. Les chapitres s’entrecroisent, se font échos et sont, eux aussi, bien construits, bien pensés. L’autrice se concentre sur un fait en particulier du régime de Franco ; un fait horrible, qui s’est produit dans plusieurs autres pays, notamment sous le régime d’Hitler. Le mot juste. La tension qui nous fait tourner la page suivant. Les chapitres qui s’alternent entre les différents personnages. L’envie de savoir, de comprendre. Il y a une histoire d’amour, mais pour moi, elle ne prend pas le pas sur le reste. Ça n’empêche pas l’autrice d’aborder des sujets, ni de leur enlever de l’importance, en primant sur la romance. C’est un fil conducteur, mais pour ma part, elle m’a fait l’effet d’être secondaire. Mon ressenti est bizarre et pas facile à expliquer.

Comme tout son intrigue, la fin est juste. Tout n’est pas rose. Écho à l’Histoire, la fin est aussi pleine de secrets et de mystères. J’aurai voulu, je l’avoue, avoir les réponses à toutes mes questions… Peut-être pas 100 pages de plus, mais un épilogue, j’aurai beaucoup aimé. C’est le seul minuscule reproche que je pourrais faire au roman. C’est ma nature curieuse…

Et enfin les personnages. Ils sont la force des romans de Ruta Sepetys. On ne peut pas le nier, elle a le talent de donner vie à des personnages forts, touchants, attachants et d’une beauté brute, particulière, propre à chacun d’eux. Ses protagonistes dégagent quelque chose de fort, d’intense et nous font chacun vivre des émotions totalement différentes. Il y a ceux que j’ai profondément aimé, qui m’ont particulièrement ému et puis il y a ceux qui ont fait hérisser mes poils.

En conclusion, Ruta Sepetys nous révèle encore une fois tout son talent pour écrire de belles histoires avec des personnages attachants et bien travaillés. J’ai adoré ma lecture ! Son roman est parsemé de recherches historiques rendant le récit plus fort, plus vrai et nous permettant de nous immerger encore plus sous la dictature de Franco. Elle est mon autrice d’historique préférée. J’ai aimé chacune de ses histoires et pour son prochain roman, je serais une nouvelle fois au rendez-vous.

0 commentaire

Pour poster un commentaire, rejoignez la communauté On lit plus Fort