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Chroniqueur
Posté il y a 1 mois
Hôtel Castellana, de Ruta Sepetys

Je pourrais commencer mon introduction en espagnol mais j’ai fait néerlandais et anglais à l’école alors vous vous en passerez. De toute manière, pas besoin de parler la langue du soleil et de la fête pour vous dire que j’ai tout bonnement adoré l’Hôtel Castellana, ses visiteurs et occupants et le style de Ruta Sepetys.

1957. L’Espagne tremble sous le régime dictatorial de Francisco Franco. C’est dans cette ambiance que Daniel débarque des Etats-Unis avec ses parents pour y passer des vacances. C’est aussi dans cette ambiance qu’il fait la connaissance d’Ana et de la misère espagnole, des Corbeaux et de la chaleur madrilène.

Bon, déjà il faut dire une chose : ce roman se lit comme du petit lait. Les chapitres sont courts : entre une et trois pages, rarement plus, ce qui fait rapidement tomber le pauvre lecteur addict dans le cruel schéma du « Allez, encore un chapitre… ! ». Il faut dire que l’alternance des différents points de vue n’arrange rien à ce cruel engrenage : pour savoir ce qui arrive à un personnage, vous allez devoir lire ce qui arrive aux autres avant de retomber sur le personnage de votre cœur, et ça, c’est effroyablement génial. Une autre idée de génie : les chapitres parallèles. Reprendre la même construction sous quatre points de vue différents, c’était vraiment bien joué et j’ai adoré !

Mais le gros, gros plus de ce roman ? Il est super intéressant. Je ne savais rien de la guerre civile espagnole, de la dictature de Franco ou encore des rapports entre les USA et l’Espagne, et là, sous couvert d’une fiction, on explore une partie de l’Histoire espagnole, à travers les points de vue de différents personnages : Daniel, l’Américain qui essaie de comprendre, Ana qui rêve d’une vie qu’elle ne peut espérer, Rafael et Fuga qui veulent s’en sortir en devenant des torero et ainsi protéger les orphelins, Puri qui a vécu dans l’idéologie franquiste et qui se pose beaucoup de questions… Sans oublier que Ruta Sepetys a le souci du détail. Elle ponctue en effet son récit de différents documents historiques, que ce soit des rapports américains ou de la propagande espagnole, et renforce cette attention aux détails par une bibliographie extrêmement poussée sur ses recherches à la fin du bouquin – de quoi satisfaire les plus curieux d’entre nous – tout en nous offrant quelques photographies de l’époque.

Si ça ne vous donne pas envie de foncer sur ses autres ouvrages, je ne sais pas ce qu’il vous faut. Non parce que moi, je sens que je vais me ruer sur Le sel de nos larmes.

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