Me connecter

Mot de passe oublié

Chroniqueur
Posté il y a 7 mois
Grandir et rêver…

« Oh, on ne pourrait pas avoir un enfant normal?

Il se recula d’un bond. Son visage s’enflamma, mais le quelque chose dans sa poitrine qui devait être son âme se recroquevilla, glacé, comme un lézard privé de soleil….

Ware, onze ans et demi, passe l’été dans une résidence pour séniors avec sa grand mère et cela lui convient bien. Il peut barboter dans la piscine et se laisser aller à rêver. Enfin, c’était juste avant que sa mamie ne se retrouve à l’hôpital pour une opération des hanches. Changement de programme. Que ça lui plaise ou non, Ware passera deux mois au centre de loisirs dont il garde un assez mauvais souvenir. Pourtant, c’est dans l’église avoisinante qu’il trouvera refuge chaque jour. Eglise en ruines dans laquelle il imagine déjà construire un château fort …

« … Cette papaye que tu as prise à l’épicerie grecque. Les autres n’y voyaient qu’un fruit pourri. Toi, tu y as vu un verger… « 

En secret, Ware se crée son propre aire de jeu. Seule Jolène est dans les parages, et il se voit bien obligé de partager le terrain et de la laisser s’occuper de son jardin, de son verger. Après tout, elle était là avant. Ces deux jeunes héros n’ont pas tardé à me convaincre. Ils sont très touchants et mine de rien ils s’apportent beaucoup l’un à l’autre.

« … Ware voulait effectivement que le monde soit juste. Et c’était injuste que tant de gens ne souhaitent pas le rendre plus juste… »

Ware est ce garçon qui aimerait être normal, plus sociable, pour que ses parents ne s’inquiètent pas pour lui. Peut être qu’il y a quelque chose qui cloche chez lui qui expliquerait pourquoi il apprécie la solitude ? Il aimerait tant être brave comme un chevalier, comme un héros. Et Jolène. Cette enfant a une vision du monde quelque peu différente de celle de Ware, d’autres inquiétudes. Elle dit ne pas vivre dans le monde des bisounours, qu’il faut se battre pour survivre. Ce sont ses mots et on sent que son monde manque de douceur.

« … De nos jours, les filles n’avaient pas besoin d’un traitement de faveur comme si elles étaient plus faibles que les garçons. A vrai dire, elle pouvaient désormais jouer le rôle de chevalier, elles aussi… « 

C’est ce qu’on appelle un très beau roman jeunesse. J’ai aimé passer cet été aux côtés de Ware et Jolène, ces deux enfants qui mettent tout leur cœur dans leur projet. J’ai aimé ce qu’il y avait entre les lignes, aussi. On y parle de liberté, du fait de grandir, de la différence, de toutes ces choses aussi qu’il est possible de sauver quand on y croit, quand on y met de la bonne volonté. Ok la vie n’est pas toujours très juste, mais on peut en faire quelque chose de pas trop moche.

« … Cette papaye que tu as prise à l’épicerie grecque. Les autres n’y voyaient qu’un fruit pourri. Toi, tu y as vu un verger… « 

 

 

0 commentaire

Pour poster un commentaire, rejoignez la communauté On lit plus Fort