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La rédaction
Posté il y a 8 ans
En tête à tête avec Melinda Salisbury

À l’occasion de la sortie du 1er tome de la série L’héritière, Melinda Salisbury répond aux questions de ses fans. Un grand merci à l’auteure pour cet entretien.

Comment vous est venue l’histoire de votre livre ? Comment s’est construite l’intrigue ?

Tout a commencé par une idée que j’ai eue sous la douche (les meilleures idées naissent toujours sous la douche ou dans les trains et les avions – j’en suis convaincue). L’intrigue a évolué de façon très structurée, commençant par l’image de cette fille rousse chantant pour un roi, puis se construisant au fur et à mesure autour de ce point de départ. Je savais que la reine était méchante, que mon héroïne serait forcée de choisir entre l’amour et le devoir, et que chaque personnage – même les bons – suivait ses propres intérêts. Une fois le canevas du scénario monté, j’ai commencé à y ajouter les détails : les chiens, le poison, les dieux, les légendes. Je savais que la religion et les contes de fées seraient une partie très importante du roman, car ils sont les piliers de tous les mondes, y compris le nôtre. Ils sont à l’origine de bien des lois, règles, et comportements des peuples et j’ai donc passé beaucoup de temps à travailler dessus afin qu’ils paraissent à la fois «réalistes» et sérieux.

 

Quelles ont été vos sources d’inspiration pour écrire ce livre ?

De nombreux éléments, comme les plantes et les poisons, ont surgi de mon enfance, et du temps passé avec ma Mamie – qui m’a à moitié terrorisée quand j’étais enfant, en me montrant et en me parlant de toutes les plantes qui pouvaient me tuer – et de choses qui me fascinent toujours, comme la religion, la mort, l’amour, et le devoir. À l’origine, j’imaginais une sorte de réécriture du Petit Chaperon rouge, mais au lieu de traverser la forêt, la jeune fille devait évoluer dans l’univers politique d’un château, où les loups étaient les gens de son entourage. Très vite cette idée a été abandonnée tandis que l’histoire progressait, bien qu’elle ait conservé une saveur de conte de fées, ce qui me plaît bien car j’ai une profonde affection pour les contes traditionnels – plus sombres ils sont, mieux c’est. Les voyages influencent aussi beaucoup mon écriture ; des endroits,comme le labyrinthe de miroirs que Merek fait découvrir à Twylla, sont des endroits réels – celui-ci est inspiré d’une galerie des glaces qui se trouve à Prague. Je passe autant de temps que possible à voyager, et cela fait toujours naître de nouvelles idées, car cela me pousse à regarder le monde avec un regard nouveau.

 

Avez-vous eu des moments de blocage lors de l’écriture de ce livre ?

Non ! J’ai eu beaucoup de chance, et me suis rendue compte que l’histoire coulait de façon limpide.

La version que vous pouvez lire aujourd’hui est très proche de la version d’origine — le scénario, et particulièrement la fin, sont presque identiques à mon premier brouillon. Ce qui a changé est la richesse et la profondeur du monde ; l’original n’était pas aussi complet et complexe.

 

Comment vous comporteriez-vous si Twylla était votre fille ? Comment agiriez-vous avec elle ?

Je me plais à penser que si Twylla était ma fille je serais plus douce envers elle que ses deux figures maternelles ! C’est une jeune femme très fragile et perdue, qui a été manipulée et trompée par les gens auxquels elle faisait confiance, au point qu’elle est retirée du monde. Si elle était ma fille, je ne lui aurais jamais fait cela, pour commencer. On peut avoir un destin sans qu’il nous détruise nécessairement !

 

Qu’avez-vous ressenti après avoir terminé d’écrire ce premier tome ?

Épuisée ! Il m’avait consumée pendant si longtemps, aussi bien l’héroïne que le monde qui l’entoure, donc quand j’en ai eu fini, j’étais très fatiguée, mais heureuse,comme lorsqu’on s’est investi énormément dans un projet et qu’il s’est enfin concrétisé. Le plus étrange c’est qu’à aucun moment durant tout le processus d’écriture et de publication (l’écriture, chercher un agent, signer chez un éditeur), je n’ai vraiment réalisé la sensation qu’allait me procurer la vue de mon livre en librairie, ou entre les mains d’inconnus. Évidemment, j’avais ce joli petit fantasme où j’entrais dans une librairie, voyais mon livre sur une étagère et l’achetais même.  Cependant, comme lorsque je rêvais d’un bel homme aux longs cheveux noirs se battant pour obtenir ma main, je ne croyais pas que cela m’arriverait réellement un jour. Même aujourd’hui, alors que mon livre est au coin de la rue, je n’arrive pas tout à fait à y croire. Le processus entier a été irréel ; je ne crois pas que ce soit quelque chose pour laquelle on puisse déjà être prêt. Comment peut-on se préparer à voir son rêve devenir réalité ?

 

Maintenant que L’héritière est publié, y a-t-il des passages que vous souhaiteriez changer ou des éléments que vous souhaiteriez ajouter ?

Non, je ne crois pas.J’ai raconté l’histoire que je voulais raconter, et j’ai eu la chance inouïe de pouvoir le faire exactement comme je le voulais. J’ai bien sûr appris beaucoup sur l’écriture depuis L’Héritière,donc je pourrais peut-être modifier certains aspects techniques, mais quant à l’histoire, non. J’en suis très, très fière.

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