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Chroniqueur
Posté il y a 2 mois
Dévisagée

Ava menait une existence d’ado normale jusqu’à l’incendie qui a ravagé sa maison, emportant ses parents, Sara, qui était sa cousine et sa meilleure amie, mais aussi une grande part d’elle-même. Brûlée à soixante pourcent, elle ne reconnait plus ni son corps ni son visage. Après le long et douloureux travail de guérison (ou presque) à l’hôpital, Ava regagne la maison de sa tante Cora qui, à défaut d’avoir pu garder sa fille auprès d’elle, tente de prendre soin de sa nièce avec son mari Glenn. Il parait impensable à Ava de reprendre une vie normale, elle qui ne le sera jamais plus, « normale »… Mais Cora insiste pour qu’elle prenne un nouveau départ dans un nouveau lycée, un test de dix jours, que la jeune fille envisage comme une peine de prison dont il faut espérer la fin avec ardeur.

Et c’est encore plus dur qu’elle ne l’imaginait… Le lycée est un territoire hostile, surtout ce Crossroads High qui a choisi un gros viking impitoyable pour mascotte. Comment ne pas être une cible toute choisie avec cette apparence ? En trouvant un bouclier dans des amitiés inattendues… mais ça, Ava l’ignore encore.

 

Je ne sais pas si certain.es d’entre vous ont déjà lu le fabuleux Wonder de R.J Palacio, l’histoire d’un jeune garçon né avec une malformation faciale qui va pour la première fois être scolarisé dans un collège ? Et bien je dirais que Dévisagée est un Wonder à la sauce piquante.

La grande force de ce texte, c’est ses personnages à l’humour trash, qui ont de très, très bonnes raisons de voir le verre à moitié vide mais qui mettent un pied devant l’autre tous les jours. Quand on découvre Ava, son corps est parsemé de cicatrices douloureuses, recouvert de vêtements compressifs, son visage est méconnaissable et l’une de ses mains ressemble à une sorte de pince, mais dans sa tête, c’est pire. Entre syndrome de la survivante et perte totale du goût de vivre, elle ne va se reconfronter à elle-même qu’avec la rencontre de Piper. Cette boule de colère et d’humour noir en fauteuil a survécu à un accident de voiture et ce qui fait le feu de sa personnalité, c’est qu’elle ne se cache pas. Une chose qu’Ava ignorait, mais qu’elle voudrait réapprendre par-dessus tout.

L’alchimie entre ces deux-là est géniale et entre les moments difficiles, on rit beaucoup avec leurs punchlines acides toutes droits tirées de la popculture.

L’autrice s’est très clairement documentée sur la question des grand.es brulé.es et ça se sent dans la volonté de réalisme et le traitement de la notion de culpabilité notamment qui plane au-dessus du récit.

Une très jolie découverte !

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