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Chroniqueur
Posté il y a 3 semaines
Dévisagée

Ce livre m’a fait penser à « Les mille visages de notre histoire », de Jennifer Niven. En effet, la caractéristique principale de cet ouvrage, c’est qu’il est incroyablement humain.
Ce qui m’a marqué, c’est donc la force humaine de ce livre. Il est vraiment plein d’une force provenant des personnages, de leur histoire.
On suit en effet Ava, dont la vie est partie en fumée dans un incendie où elle a perdu son père, sa mère, et sa cousine Sara. Mais elle y a également laissé son corps, son visage défiguré.
Ainsi un livre n’a jamais aussi bien porté son titre : « Dévisagée ».

Ava vit en effet sous le poids des regards… Ils peuvent dénaturer, blesser, car notre reflet dans la pupille d’autrui est bien souvent soumis au plus dur des jugements. Ainsi la jeune fille va devoir apprendre de nouveau à vivre, trouver sa « nouvelle normalité ». Mais Ava est détruite, son identité s’en est allée dans les flammes. Cependant, elle va faire la rencontre de la pétillante Piper, et de l’atypique Asad, qui vont tous les deux l’accompagner dans l’épreuve, mais surtout la chance qu’est la vie.

« Tout le monde a des cicatrices, certaines sont juste plus visibles que d’autres. »

J’ai donc embarqué dans une histoire faite de blessures, de sourires rafistolés, de rires, de rêves s’épanouissant doucement…

On évolue au côté d’Ava et de Piper, portés par leurs cicatrices. On les suit face à ce regard des autres, et j’ai adoré la force qui anime chacun des personnages. Piper, qui fonce dans le tas mais qui pourtant se révèle tout aussi blessée qu’Ava. Et Ava elle-même, qui apprendra à se reconstruire. J’ai aimé que ces personnages, ces êtres humains, aient su me surprendre jusqu’au bout. Que leur parcours ne soit pas tout beau tout rose, que l’on ne soit pas dans le cliché de ce genre d’histoire qui nous apprend à faire de nos blessures une force. Ici, rien est forcé. Certains passages on un petit goût de déjà-vu certes, car ce n’est pas le premier livre comme celui-ci à exister. Mais cependant, il y a ce sarcasme, cette force, cette émotion, qui ne peut s’empêcher de déteindre, et de donner à ce livre cette atmosphère. Il a su m’émouvoir, me rappeler avec justesse ce que la vie apporte, que les apparences ne sont pas si importantes, et que l’on peut apprendre à composer avec l’instant même si on se pense emplit de fumée.

J’ai aimé cela, que ce livre n’hésite pas à montrer les creux, les larmes, les ratés
Il m’a appris qu’on pouvait choisir de rester à se perdre dans nos larmes, ou qu’on pouvait au contraire se lever et faire un doigt au ciel. Piper et Ava ont su me montrer l’importance de l’amitié, que celle-ci n’est pas toute rose non plus.
J’ai appris que nos blessures font partie de notre identité, mais que l’on ne doit pas les laisser nous définir.
Tout ne tourne pas forcément autour de la tragédie, l’adolescence dans toute sa splendeur agaçante et aussi dépeinte. On ne joue pas forcément tout le temps au docteur de l’âme, on nous offre aussi des moments simples.
Et d’ailleurs petite mention spéciale à Asad, tu as su aussi faire vibrer ce roman d’une autre manière.

J’ai appris la cohésion, les cordes vocales qui vibrent, le creux dans la poitrine, les larmes, les joies, la tentation d’abandonner, la vie face à autrui.
Comme le dit d’ailleurs si bien la quatrième de couverture, « Dévisagée » est aux adolescents ce que Wonder est aux collégiens. Et, tout comme moi Wonder, ce livre fut pour moi une expérience de l’instant, une vie vécue en quelques heures, puissamment humaines. Ce sont des moments importants fait pour marquer dans l’éphémère. C’est le genre de livre dont je ne me souviendrai pas particulièrement, mais pour moi l’éphémère est loin d’être une calmité. Cela montre que l’on peut marquer sans pour autant s’approprier l’âme du lecteur. Ça montre que c’est encore plus beau, encore plus humain.
Ça montre que Piper, Ava et Asad ont devant eux une continuité, dont on ne sera pas témoin. Qu’ils ne vont pas rester enfermés dans ces pages car elles n’ont pas été assez puissantes pour cela.
Ça montre que l’on renaît de ses cendres.

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