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Posté il y a 7 mois
Une spirale d’émotions, aussi percutante qu’intelligente

Si vous avez aimé découvrir Nos étoiles contraires et Qui es-tu Alaska ?, vous adorerez retrouver la plume de John Green dans ce nouveau roman, certainement le plus personnel selon lui.

« Holminette, a dit Daisy, on a une piste. »

C’est à la suite d’une conversation banale, à la cafétéria de son lycée, qu’Aza se retrouve embarquée par sa meilleure amie, la pétillante Daisy, sur les traces du milliardaire Russell Pickett. La disparition de cet homme d’affaires, accusé de corruption, fait la une de tous les médias. Mais ce qui éveille l’intérêt de Daisy, ce n’est pas tant ses démêlés avec la justice que les cent mille dollars promis en récompense à quiconque le retrouverait !

« Tout le monde peut vous regarder. Il est plutôt rare de trouver quelqu’un qui voit le monde tel que vous le voyez. »

Vous vous demandez sûrement quel lien peut exister entre Aza, une lycéenne pas tout à fait comme les autres, rongée par des troubles obsessionnels compulsifs qui parasitent son quotidien, et Russell Pickett ? La réponse à cette question se nomme Davis, Davis Pickett. Le fils du milliardaire a croisé la route d’Aza cinq ans plus tôt. Ensemble, ils ont été dans la même colonie de vacances. Ensemble, ils ont admiré le ciel et les étoiles, un soir d’été. Entraînée à la suite de Daisy, Aza va renouer avec Davis, adolescent esquinté par la vie, comme elle.

« Je regrette juste qu’il n’ait pas fait son boulot de père. Emmener mon frère au collège le matin, s’assurer qu’il faisait bien ses devoirs, ne pas disparaître en pleine nuit pour échapper aux poursuites, etc. »

Fidèle à ses habitudes, John Green dresse le portrait de trois personnages aussi attachants que différents. Liés les uns aux autres par une relation complexe, empreinte de douceur et de douleur, chacun se débat avec ses propres démons. Entre la rédaction de deux fan-fictions dédiées à l’univers de Star Wars, Daisy cumule les petits boulots. Davis a dû composer avec les absences de son père, trop occupé par le travail pour prendre soin de lui. Il redoute par-dessus tout que sa richesse le définisse, et tente tant bien que mal de protéger son petit frère. Quant à Aza, elle a affronté le décès de son père et souffre de pensées intrusives qui l’emprisonnent dans une spirale infernale, jusqu’à lui faire croire qu’elle n’est pas vraiment « réelle ». C’est dans sa tête que nous nous glissons pour découvrir, au fil d’une aventure immersive et poétique, sa vision particulière du monde.

« Quand j’étais petite, maman me racontait que, si on se pinçait soi-même et qu’on ne se réveillait pas, on était certain de ne pas rêver. Alors, chaque fois que je pensais ne pas être réelle, j’enfonçais mon ongle dans le bout de mon doigt et, en sentant la douleur, je me disais, l’espace d’une seconde : Bien sûr que je suis réelle. »

Dans ce roman, John Green aborde avec talent et intelligence des thèmes à la fois personnels et universels : l’adolescence, la pauvreté et la richesse, l’amour, l’amitié, le deuil, l’absence, l’anxiété, les relations familiales. En toile de fond, on retrouve l’enquête, et au premier plan la maladie, illustrée à travers de nombreuses métaphores. Une maladie que John Green, lui-même, connaît bien. Grâce à sa plume, juste et percutante, il expose ses lecteurs à un arc-en-ciel de sentiments : espoir, bonheur, tristesse, rire, compassion, peur ; et il nous fait comprendre, surtout, que le démon avec lequel Aza vit au quotidien ne la quittera jamais vraiment.

« Et si on ne peut pas choisir ce que l’on fait ou ce à quoi l’on pense, alors peut-être n’est-on pas tout à fait réel. »

Comment ne pas se prendre d’affection pour le personnage d’Aza, emprisonnée par ses angoisses qui l’empêchent de savourer les moments les plus simples comme l’échange d’un premier baiser ? Cette approche, atypique et passionnante, fait de Tortues à l’infini une lecture à la fois émouvante et singulière.

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