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La rédaction
Posté il y a 3 mois
Pâquerette, pirates et poésie

A l’occasion de la sortie de Pâquerette, le nouveau livre de Gaston Boyer, Amy, rédactrice OLPF, vous présente ce voyage littéraire trépidant.

Ah ! Une histoire de pirates !

Enfin ? Encore ? Mon cœur tangue et balance.

C’est que des histoires de pirates, j’en ai lu des bibliothèques. Pourtant, ces derniers temps, on ne peut pas dire que ça court les rayonnages. En même temps, le genre a été tant et tant exploité qu’il paraît difficile d’avoir encore quelque chose de neuf à apporter.

« C’est une grande chose dans la vie que de distinguer les bons fruits des mauvais. »

En tout cas, c’est ce que l’on pourrait se dire avant d’ouvrir Pâquerette, une histoire de pirates, de Gaston Boyer. Dès les premiers mots, nous sommes happés par la mélodie de ses mots, par le charme un peu éculé de sa prose qui se dessine tout en vagues. L’énergie afflue et reflue, la poésie aussi. Le texte se découpe entre moments d’action et doux refrains aux accents philosophiques. Tout se déroule à cheval entre le réel et l’onirique, dans un récit raconté comme un rêve éveillé.

« Sept heures, c’est l’heure du trésor. C’est l’heure de la vague, c’est l’heure du cercueil. La terre a beau tourner pour tirer la mer, le vent a beau agiter mes cheveux, il n’y a pas d’heures après sept heures. »

Marguerite est la fille du pêcheur sourd et muet, Dis. Apparemment, il n’a pas toujours été sourd et muet dans ce silence, mais c’est ainsi qu’elle l’a connu. Dis est sombre, agité, il guette sur la côte une menace inconnue qui semble ne jamais venir, et nul n’a accès à ses secrets. Père et fille vivent chez le grand-père, près de la plage de Dieppe en Normandie. Et puis un jour… Tout bascule. La menace invisible débarque et, dans l’espoir de mettre la main sur la carte au trésor que gardait Dis, kidnappe le grand-père et brûle la maison.

« La vie violente est pleine de surprises. »

Car Dis, avant d’être sourd, s’appelait Vaast La Hougue, pirate de profession. Ses anciens complices l’ont retrouvé, bien décidés à s’emparer du trésor que Vaast a caché depuis des années. Marguerite se retrouve embarquée par son père, en compagnie d’un troisième larron, Parrot, sur un petit esquif, à la recherche du fameux trésor. La route promet d’être longue et semée d’embûches, sur les flots glacés de la Manche, vers les côtes de la sauvage Irlande…

« Qu’y a-t-il sous ma peau ? De l’air, encore de l’air. Et une mécanique qui me tient debout. Meut mes jambes. Soulève mes paupières. Un cœur obstiné. Comme une petite pomme. Que n’altèrent ni les saisons, ni les combats, ni le chagrin. Au centre de cette mécanique obéissante, cœur obstiné. »

Tous les ingrédients d’une bonne histoire de pirates sont ici réunis pour faire rêver tous les amateurs du genre. Mais ce qui fait tout le sel de ce conte, ce sont ses personnages atypiques, aux caractères affirmés, qui tiennent l’ensemble comme la carlingue tient la coque d’un bateau. Rebaptisée Pâquerette par les pirates, l’héroïne, malgré son jeune âge, se montre particulièrement vive d’esprit, débrouillarde et hardie tandis que gravitent autour d’elle des forces qu’elle ne comprend pas toujours.

« Les ombres ont cette grâce de rire de tout. »

Enfin, c’est par son écriture d’une rare élégance que se distingue Gaston Boyer. Alors qu’il signe ici son premier roman, il est déjà remarqué par le prix Vendredi, grâce à sa prose à la fois poétique, fougueuse et philosophique, qui laisse la part belle à l’imagination, et se dessine comme un courant qui nous embarque dans son histoire.

« Dormir c’est renoncer à avoir prise sur les évènements ; les ignorer même, alors que tant de choses m’échappent encore. Je dois garder les yeux ouverts. »

Emportés par la houle, à travers la tempête en compagnie de Pâquerette, voici indubitablement un voyage littéraire trépidant.

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