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Chroniqueur
Posté il y a 4 semaines
Neverworld, un monde d’amitiés consumées

« D’autres ont connu le Neverworld avant vous. Et d’autres le connaitront après. Tandis que des centaines de millions de personnes mourront sans avoir l’opportunité que chacun d’autres vous tient entre ses mains. Alors il faut voir ça comme un cadeau. »

Un cadeau inacceptable mais malheureusement inéluctable. Comment expliquer « ce cadeau » le Neverworld ? On pourrait définir ce monde comme un bocal rempli d’eau où des poissons rouges tournent en rond. Indéfiniment.

« Vous êtes tous presque morts. Très exactement, vous êtes coincés entre la vie et la mort. Le temps est désormais bloqué pour vous, il fonctionne en circuit fermé dans ce qui s’appelle au Neverworld, une veillée. »

 Veillée qui selon le dictionnaire se définit comme un moment de la soirée où les amis et la famille se retrouvent. Un moment d’innocence et de félicité qui dans ce monde est remplacé par l’angoisse et la peur. A cause d’un accident de la route, Béatrice et ses anciens amis se retrouvent coincés dans un espace-temps où ils ne vieillissent pas et où la même journée se répète. Certains deviennent fous. D’autres gâchent des vies pendant le jour et recommencent le lendemain.
Une seule chose relie Béatrice à Martha, Whitley, Cannon et Kipling : la mort. Mais laquelle ? La leur ou celle de Jim, leur soleil adulé de tous ? Son destin est un mystère qui a trouvé sa fin dans un ravin où ils aimaient tous se rejoindre un an auparavant. Les poissons rouges vont alors arrêter de suivre des chemins différents, et vont commencer à se rallier en bande et tourner dans le même sens. Durant cette journée monotone, ils se documentent, interrogent des personnes ayant eu un lien avec le petit ami défunt de Béatrice le jour de sa mort. Ses amis essayent de comprendre ce qui s’est réellement passer ce jour-là. La journée similaire, identique devient alors différente par la vérité se construisant, prenant forme. Béatrice commence alors à ouvrir les yeux sur ses amis, sur Jim et sur elle.

« Même si on a l’impression de tout connaitre, en réalité notre champ de vision se limite à une tête d’épingle pour appréhender l’océan. On croit se rappeler le passé, pourtant nos souvenirs sont aussi fantasques que nos rêves. C’est tellement facile de haïr la jolie fille, de vénérer le petit génie, d’adorer la rock star, de faire confiance à la gentille. Mais la vie n’est jamais aussi simple que ça. »

Fascinant et haletant sont les mots désignant ce roman. Entre dystopie et thriller, le lecteur va être bouleversé par les étapes auxquelles les personnages vont être confrontés. Il suit le point de vue de Béatrice essayant de remonter la pente après la perte de son petit ami. Mêlant ainsi ses sentiments avec celle de la narratrice, le lecteur va être ensuite désemparé : qui croire ? À qui peut-on faire confiance ? Qui sacrifier ?

« Tout le monde hocha la tête en échangeant des regards. Au moins une personne mentait. Moi, pour commencer. La nuit de la mort de Jim, aucun d’eux n’était là où il avait déclaré être. Je le savais parce que je les avais tous cherchés.et que je n’avais trouvé personne. »

Personne n’est innocent et le mensonge est à tout le monde. En effet, le Neverworld est un bocal où on pourrait se noyer. A chaque veillée, Béatrice et ses amis doivent choisir à l’unanimité la personne qui restera vivante dans le monde réel. De ce fait chaque veillée est repoussée car la vérité au fur et à mesure est découverte puis éclate. Le Neverworld se déchaine alors animé par un mélange d’eux, leurs goûts, leurs failles, leurs passés. Qu’est-il réellement en fin de compte, ce monde ? Une représentation d’eux –mêmes ? Un gouffre où la folie s’empare de leurs esprits ? Une simple illusion ?

 « Chacun de nous est une anthologie composée de milliers de pages remplies de contes de fées et de poésie, de mystères et de tragédies, de vieilles histoires que personne ne lira jamais. La seule chose qu’on puisse faire c’est se prendre par la main pour avancer vers l’inconnu. Parce qu’ainsi c’est plus facile de se frayer un chemin dans le noir, les jungles et les villes, les ponts qui enjambent les grottes les plus obscures de ce monde. Vos amis sont toujours là, et ils vous soutiennent même quand ils ne sont plus là. »

 

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