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Chroniqueur
Posté il y a 4 mois
Max

C’est un très bon roman, je suis contente de l’avoir découvert, parce qu’il mérite qu’on s’y arrête. Je suis d’accord sur le fait que nous avons un récit à la fois fascinant et dérangeant, une lecture inoubliable ainsi qu’une histoire documentée à la perfection. Néanmoins, pas mal de petites choses m’ont gênée, ce livre n’est pas un coup de cœur, mais il n’est pas passé loin.

L’Histoire est très bien contée, on se sent réellement plongé au cœur de l’Allemagne nazie. L’auteure a fourni un travail extraordinaire pour nous immerger totalement dans cet univers, mais elle nous évoque le programme Lebensborn. C’est un pan de l’Histoire peu connue ou peu évoquée, pour ma part, ce programme occupé peu de place dans mes cours. Loin d’être très pénible à lire, l’Histoire est remarquablement écrite, toutes les informations données sont véridiques, ce qui se révèle effrayant quand on analyse le roman une fois terminé. J’étais très contente d’enrichir ma culture grâce à ce livre poignant livrant un témoignage de grande ampleur sur un sujet parfois méconnu.

Tout le programme Lebensborn est expliqué durant la première partie du récit, ce qui nous permet de mieux en comprendre les conséquences, notamment grâce à ce protagoniste inventé, Max. C’est sincèrement fascinant et choquant de lire tout ce que ce Lebensborn implique, demande ; de voir à quel point il peut nous bouleverser. Ce n’est d’ailleurs pas le seul programme mis au point par les nazis dont l’auteure nous fait part, on parle des enfants enlevés pour être germanisés, on évoque les camps de concentration et d’extermination…

Ce qui est certain, c’est que l’on ne ressort pas neutre de cette lecture, elle nous marque irrémédiablement. Les messages sont forts, Max est pour les idéaux nazis et même s’il évolue, l’endoctrinement reste présent. Cependant, j’applaudis le courage de l’auteure et son originalité, il n’a pas dû être facile d’écrire l’histoire de ce point de vue. Il va choquer, on y parle de la mort, on parle d’extermination, d’exclusion, de prostitution et de viol, mais il a le courage d’être fort et poignant, inoubliable en quelque sorte. Le dérangeant côtoie le révoltant et pourtant, on a dû mal à décrocher tant les messages sont forts et intéressants.

Si je disais en introduction qu’il n’est pas passé loin du coup de cœur, c’est en partie à cause du style. Parler crûment ne me pose aucun soucis, justement, c’est la vérité, la guerre – et surtout cette Seconde Guerre Mondiale – engage tout un engrenage vicieux et terrible contre lequel l’oubli est plus facile. Donc, j’aime qu’on remette les choses à leur bonne place et ce langage ne m’a pas dérangée, il est de mise et c’est ce qui fait l’unicité de cet ouvrage. En revanche, j’admets que la répétition, voire l’obsession autour de pipi-caca, a rendu certains passages très lourds. J’ai donc sauté à de nombreuses reprises certains paragraphes, voire des pages entières.

C’est un petit peu dommage, car le style de l’auteure est pourtant magnifique ; les descriptions sont bien menées, les lieux et les personnages bien décrits, il y a de l’humour quelques fois, des rires, de l’espoir. Les pensées de Max sont prenantes, on reste accroché des heures à le lire, espérant un changement, et quel bouleversement grâce au personnage de Lukas. Les pensées de Max sont connues en raison de l’emploi du « je », c’est lui le narrateur et il nous conte son histoire, depuis son arrivée au monde jusqu’à… la fin du roman. Nous le voyons grandir, changer, il est attachant malgré son adhésion aux idées nazies, il sait retranscrire ce qu’il voit et il nous livre même la signification de mots codés. C’est une fois de plus un parti pris très courageux de la part de l’auteur, de prendre Max comme narrateur, de le voir parler de manière très « mature », il nous explique tout tel un narrateur omniscient.

Du côté des personnages, ils sont forts. Lukas fait partie de ceux que je serais incapable d’oublier. Il est d’une telle force, je refuse d’en dire plus, son histoire et sa personnalité si je les évoquées, je gâcherais le plaisir de la lecture. Toutefois, son amitié avec Max m’a énormément touchée. La mère de Max est courageuse, j’ai été surprise de la tournure de l’histoire est des rebondissements qu’elle a pris. Les « sœurs brunes » sont terribles, le docteur Ebner – qui a vraiment existé – est épouvantable, son comportement nous effraie. Je ne peux pas juger ces protagonistes allemands, on est forcé de les haïr pour tout ce qu’ils ont fait.

En conclusion, c’est un roman qu’il faut lire au moins une fois, même si vous ne l’appréciez pas en cours de lecture ou si vous abandonnez au bout de quelques pages. Il a le mérite de nous en apprendre plus sur un pan de l’Histoire, de nous conter une histoire passionnante, d’opter pour une narration originale et de présenter des personnages forts. Le style de l’auteure quoi que cru a le mérite de nous faire passer des émotions et de nous immerger dans le récit. Cette lecture frôle le coup de cœur en raison de quelques défauts, mais elle est passionnante, très bien documentée et inoubliable.

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