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La rédaction
Posté il y a 1 mois
Manon Fargetton vous présente Dix jours avant la fin du monde

Chers lecteurs,

Pour moi, ce roman est loin d’être un roman de plus.

Ceux d’entre vous qui me suivent depuis le début savent qu’il s’est écoulé six années entre la parution de mon premier ouvrage, Aussi libres qu’un rêve (à l’époque chez Mango), et le début de ma trilogie June. Durant cette période, je n’ai cessé d’écrire, pour moi. J’ai eu besoin de me confronter à mes mots sans autre enjeu que d’explorer mon imagination, sans pression, sans échéance, mais avec cette volonté farouche d’aller au bout d’une histoire, seule. Il y a dix ans, donc, tout en poursuivant mes études de théâtre, j’ai écrit ce qui était alors mon deuxième roman. Il s’appelait Explosions. C’était une première ébauche de l’ouvrage que vous tenez entre vos mains.

Je n’ai pas cherché à le publier. Autant j’avais eu besoin de faire sortir de moi ce monde au bord de la rupture, autant il m’était trop intime pour être porté au jour. Et trop imparfait, aussi, je le sentais. J’ai rangé ce texte au fond de mon ordinateur et j’ai attaqué le projet suivant, June, avec l’objectif clair de pratiquer désormais l’écriture comme un métier.

Les romans se sont enchaînés. Les projets éditoriaux aussi, excitants, multiformes. Je trouvais ma place. Explosions, lui, a dormi dans mes ordinateurs successifs et dans ma tête, à peine dérangé de temps à autre lorsque ma mère, ma première lectrice, me faisait remarquer que, quand même, « c’est dommage que tu n’en fasses rien, il y avait quelque chose de singulier dans ce roman, je crois que ça reste mon préféré ». Elle est à peu près aussi obstinée que moi. Je la rabrouais d’un haussement d’épaule. J’étais ailleurs, dans d’autres mondes, avec d’autres personnages.

Et puis il y a eu ces photos qui m’ont parlé si fort de mes personnages.

Et puis il y a eu cette sensation d’inachevé, ce creux dans la poitrine, de plus en plus béant.

Et puis il y a eu de nouveaux personnages qui venaient bousculer les anciens.

Et puis l’envie de m’y remettre, la peur d’entamer un roman sans savoir où il paraîtra pour la première fois depuis longtemps, la nécessité plus forte que ces craintes, la conviction que je leur devais bien ça, à ces personnages et ces lieux qui m’accompagnaient depuis tant d’années, je leur devais de tout recommencer et de tisser leurs vies ensemble, pour de bon.

J’ai ouvert un fichier vierge et je suis repartie de zéro, sans savoir où ce roman atterrirait, juste parce qu’il fallait. Écriture. Corrections. J’ai pris mon temps. Lorsqu’un roman vient de si loin, il n’y a plus d’urgence. Je l’ai lancé ici et là comme une bouteille à la mer. Et Thierry Laroche s’en est saisi.

Parmi d’autres personnages qui traversent ces pages, vous croiserez Gwenaël. Gwen est écrivain, et il veut terminer son roman avant la fin du monde, même si personne ne le lira. Seulement, plus il avance, plus nombreux sont les échos entre son œuvre de fiction et ce qui se produit autour de lui… Ce n’est en rien un hasard. Car ce texte que Gwenaël est en train de rédiger, c’est celui que j’ai écrit il y a dix ans, la toute première version de cette histoire. La plupart des lecteurs ne le sauront pas… Mais vous, à présent, savez !

Voilà. Mon roman sans maison vient d’en trouver une, et une belle. Il marque le début de ma collaboration avec Gallimard jeunesse. Une nouvelle aventure, riche et excitante, en parallèle des précédentes !

Je vous souhaite une belle lecture.

Ces personnages vont me manquer ; prenez soin d’eux…

Amicalement,

 

Manon

1 commentaire

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Bookinette, 13 octobre 2018 :

Quelle jolie présentation ! …. maintenant j’ai une envie folle de le lire !

1 Trackback

Par 10 jours avant la fin du monde - Lisons jeunesse ! 31 octobre 2018

[…] fin du monde, attire tout particulièrement l’intention, lorsque l’on comprend qu’il est un double de l’auteure, elle-même, et que son texte est le même que celui qu’elle a écrit il y a dix […]