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La rédaction
Posté il y a 2 mois
Magique et anticonformiste : le 4e tome de L’Anti-Magicien est là !

S’il y a bien un souhait que j’aimerais voir exaucé, ce serait la possibilité d’avancer le temps entre la parution des différents tomes de L’Anti-Magicien pour ne plus jamais avoir à attendre six longs mois à chaque fois. Je n’avais pas été si emballée par une série depuis Harry Potter ou La Passe-miroir !

Encore une fois, c’est une véritable prouesse que parvient à accomplir Sébastien de Castell, l’auteur de cette saga de fantasy anticonformiste : quatre tomes et pas une seule ligne d’ennui, pas une page de temps mort. Au contraire. Ce quatrième tome, L’Abbaye d’Ébène, se dessine un peu en contrepoint des précédents, offrant une pause bienvenue dans les nombreuses pérégrinations de Kelen et de ses compagnons, puisqu’il se déroule intégralement (ou presque) au cœur du bâtiment qui donne son titre au livre.

« Était-ce donc un condensé de ma vie : amateur en toute chose, maître en rien ? »

À la fin du tome 3, Kelen décide de quitter sa mentore Furia, Nephenia l’ensorceleuse et son familier Ishak pour partir à la recherche d’un remède contre l’ombre au noir qui le ronge. Épaulé par son fidèle acolyte chacureuil Rakis, une sorte de bestiole dont l’amour pour les biscuits n’a d’égal que la violence de ses injures, il finit par remonter la trace de la mythique abbaye d’Ébène, qui abriterait d’étranges moines capables de guérir l’ombre au noir.

« Je ne m’étais jamais senti aussi seul. »

Mais hélas, le peuple de Kelen, qui le considère comme un traître, continue de le traquer afin de le tuer. Lors d’une embuscade, Rakis et Kelen sont séparés. Livré à lui-même, entre chasse à l’homme, nouvelles rencontres, espoirs, contretemps inopinés et désillusions, Kelen va bientôt en découvrir plus au sujet de la maladie dont il est victime. Et il se pourrait qu’il soit poussé à remettre en question tout ce en quoi il croyait jusqu’à présent …

« Je prétends être frondeur de sorts, mais au fond de moi, je ne suis qu’un escroc. Comme mon père l’avait dit un jour, avec moi, tout n’est que ruse. Le problème, c’est que la pire des ruses, c’est celle qu’on utilise contre vous. »

Si l’absence de Rakis et de Furia se fait cruellement sentir au fil des pages, ils ne quittent jamais réellement le récit puisque chaque décision prise par Kelen, chaque action entreprise, est guidée par les voix de ses fidèles camarades. Empreint de leurs philosophies respectives, de leurs enseignements et de leur amitié, il se réfère toujours à ce qu’ils auraient fait ou auraient dit pour agir – quitte à ce que ça ne plaise pas à grand-monde.

« Imaginez avoir une bonne main, mais croire que votre adversaire en a une meilleure : vos cartes cessent d’avoir de l’importance. Quand bien même votre adversaire a un jeu idéal mais qu’il pense que le vôtre est meilleur, alors, de nouveau, ses cartes ne comptent pas. »

Endurci par deux ans d’aventures, Kelen n’est plus l’apprenti-mage raté des premiers tomes, celui qui fuyait désespérément pour survivre. Après avoir affronté tant d’épreuves, il se sait capable de se tirer de plus d’un mauvais pas. Fort d’une confiance en lui grandissante, d’un délicieux sens de l’ironie, d’une « grande gueule » sans limites et de nombreux tours de passe-passe pour sauver sa peau, il se moque de tout et de tout le monde, bravache, farouche et incroyablement malin.

« – Tu crois que tu sauras un jour employer ton esprit pour faire en sorte que les gens t’apprécient plutôt que de leur donner envie de t’envoyer un coup de poing à la figure ? »

Avec une plume toujours aussi fine, emballée et puissante, Sébastien de Castell nous plonge une fois de plus au cœur de l’univers incroyablement riche et précis qu’il a construit. Tour à tour, il nous lie d’affection avec chaque personnage et nous tient en haleine durant toute la lecture malgré une intrigue en quasi huis clos. L’humour est toujours aussi mordant et le recul du héros sur son karma vraiment pourri ou sur lui-même reste une vague incroyablement rafraîchissante dont on ne se lasse jamais.

« Si Rakis avait été là, il aurait feulé qu’il n’y a aucune honte à s’être fait casser la gueule tant que votre adversaire est encore plus mal en point que vous. »

Ses héros, toujours aussi humains, toujours aussi imparfaits, font de L’Anti-Magicien une saga dont on se sent immédiatement proche, et ce quatrième tome renforce encore cette sensation. Plus que jamais, j’ai l’impression que Kelen, Rakis, Furia, Nephenia et même les petits nouveaux, Butelios, Tournam ou Diaderia, sont devenus des amis…

« – L’amour, c’est comme la gangrène (…). C’est pour ça qu’il faut amputer sans attendre. »

Ce tome, plus calme que les précédents, ne manque pourtant ni d’action, ni de révélations : impossible d’en parler sans tout divulgâcher, mais des éléments essentiels à la poursuite des aventures de notre héros favori nous sont dévoilés. Kelen en ressortira-t-il plus fort ? À vous de le découvrir en lisant la suite de ses aventures ! Moi, j’attends déjà le tome 5 en trépignant.

« C’était donc ça, être au bord du gouffre. Ce n’était pas tant le moment avant la bataille, mais celui où on renonce à l’idée même de paix, où chaque homme, chaque femme, chaque enfant accepte la possibilité de la mort imminente, se prépare à tuer plutôt qu’à être tué. »

Les précédentes aventures de Kelen vous sont familières ? Alors vous n’aurez normalement aucune hésitation à vous jeter sur L’Abbaye d’Ébène ! Et si vous n’avez pas encore ouvert le premier tome, déjà, permettez-moi de vous dire que vous commettez une grave erreur, et ensuite, je vous envie un peu, parce que vous aurez quatre tomes à lire d’une traite et qu’ainsi, vous passerez probablement beaucoup moins de temps à attendre la suite que moi !

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