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La rédaction
Posté il y a 1 année
Les mots swinguent !

A l’occasion de la sortie du Jazz de la vie, le nouveau livre de Sara Lövestam, Amy, rédactrice OLPF, vous présente ce roman qui nous envoûte presque malgré nous, comme un morceau de musique qu’on écoute d’abord distraitement avant de terminer les yeux fermés et le pied battant la mesure.

Si la musique s’écrivait avec des mots, nul doute qu’ils prendraient la forme de ceux de Sara Lövestam, l’auteure de « Le jazz de la vie ».

Dans cette petite pépite de la littérature suédoise, nous faisons la rencontre de Steffi, 14 ans, élève de troisième dans une petite ville perdue au nord de la Suède. La plus grande passion de Steffi, c’est la musique : plus spécifiquement, le jazz. Ses idoles ont depuis longtemps quitté la scène, et leurs disques ne se trouvent qu’en vinyles. Elle passe des heures à répéter leurs plus belles compositions sur sa basse électrique, et à improviser ses propres chansons. C’est son refuge, son échappatoire. Quand elle joue, elle oublie le reste, elle devient quelqu’un d’autre, quelqu’un qui ne se fait pas insulter dès qu’elle entre au collège, quelqu’un qu’on ne déteste pas gratuitement et qu’on ne harcèle pas…

« Les gens les plus haineux se défendent contre leur propre reflet, en fait. »

C’est par l’une de ces après-midis de déprime, sur le chemin du retour entre l’enfer qu’est le collège et sa maison, que Steffi surprend l’air d’une chanson de Povel Ramel, son jazzman préféré. Attirée, elle s’approche de la fenêtre… Et fera ainsi la connaissance d’Alvar, un vieil homme de presque 90 ans coincé dans sa maison de retraite.

Commence alors une amitié improbable entre l’adolescente et le vieil homme. Ex-musicien de jazz ayant joué avec les plus grands, il entreprend de raconter à Steffi le récit de sa vie, et les débuts de sa carrière de musicien au cœur de la Seconde Guerre Mondiale. Elle trouve en lui un soutien, un ami, une oreille bienveillante et un professeur de musique hors-pair, il trouve en elle la petite fille qu’il n’a pas eue, une fan et une confidente.

« La probabilité augmente avec le nombre de tentatives. »

Le récit se chante à deux voix, en contrepoint entre le présent et le passé, au rythme de cette amitié étonnante et des souvenirs que déroule Alvar. La plume de Sarah Lövestam est chantante, chaloupée comme un morceau de jazz : un tempo et des harmonies parfaitement maîtrisées du début à la fin. On admire la justesse de ses personnages, la finesse de leur caractérisation, la poésie et la tendresse de leurs échanges.

« Le romantisme, tu sais… C’est d’envisager sérieusement son avenir avec quelqu’un. »

C’est l’occasion, également, d’aborder la Seconde Guerre Mondiale sous un angle totalement inédit : sa musique. Pour la société de l’époque, c’était une musique de « zazous », réprouvée par les bonnes mœurs. La vie, également, était bien plus difficile que maintenant. Au travers de l’histoire d’Alvar, nous découvrons la Suède et l’Europe telles qu’elles étaient au cours de ces années de ténèbres et l’on plonge dans les sous-sols enfumés de Stockholm sur les traces des premiers orchestres de jazz.

« Il y a les grands et les petits esprits. Les petits veulent diminuer les grands, et les grands espèrent que les petits grandissent. »

Entre harcèlement scolaire et premiers amours, identité en ligne et découverte de soi-même, entre rêve et réalité, Le Jazz de la vie est l’un de ces romans qui nous envoûte presque malgré nous, comme un morceau de musique qu’on écoute d’abord distraitement avant de terminer les yeux fermés et le pied battant la mesure. La dernière page résonne comme l’ultime note d’une portée, et on ne peut s’empêcher d’en fredonner encore la mélodie après l’avoir refermé.

Je ne suis pas musicienne, mais si je devais terminer la composition de cette chronique, pour parler de ce livre, je l’achèverais sur un triolet : ma-gis-tral.

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