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Chroniqueur
Posté il y a 1 semaine
Les mille Visages de notre histoire – Une romance YA réussie!

À dire vrai, je ne suis pas très tournée vers la romance. Beaucoup de ces romans qui sont considérés comme des romans « doudou » me font lever les yeux au ciel et me laissent perplexe quant aux raisons qui font qu’ils sont tant appréciés par les lecteurs.

Autant vous dire que quand les éditions Gallimard Jeunesse m’ont envoyé Les Mille Visages de notre Histoire je n’ai pas été super emballée. J’avais déjà entendu parler de l’auteur et j’avais entendu du bien d’un de ses romans, Tous nos jours parfaits, mais ça n’avait clairement pas l’air d’être mon créneau. Bref je me suis lancée dans ce roman un peu à reculons, persuadée que je n’allais pas apprécier ma lecture…

Et alors, qu’en est-il des Mille Visages de notre Histoire ?

Contre toute attente, j’ai vraiment beaucoup aimé cette histoire !

J’ai commencé ma lecture un peu démotivée le weekend dernier alors qu’il pleuvait des cordes et que ma promenade était définitivement tombée à l’eau. Et je pense que j’ai enfin eu un aperçu de ce que certains appellent des « lecture doudou » parce que ce roman m’a vraiment fait un bien fou. Je le classe sans hésiter dans la catégorie des romans feel good que je prendrais plaisir à relire lors des dimanches trop gris.

J’ai beaucoup aimé le personnage de Libby dans ce roman. Son histoire fait d’elle une adolescente « pas comme les autres » par définition. Suite au décès de sa mère alors qu’elle n’avait qu’une dizaine d’années, Libby a arrêté d’aller à l’école pour rester chez elle. C’est aussi le moment où elle a commencé à prendre du poids. Beaucoup de poids. Tellement de poids qu’elle ne pouvait plus se déplacer normalement. Tout à basculé pour elle le jour où elle a eu un problème de santé et que les pompiers ont dû l’extraire de sa maison en abattant un mur et en la transportant à l’aide d’une grue. À cette époque, les médias ont présenté Libby comme la « plus grosse adolescente des Etats-Unis ». Le roman débute trois ans après, alors que Libby a considérablement perdu du poids., suffisamment en tous cas pour pouvoir suivre une scolarité « normale » dans un lycée tout ce qu’il y a de plus classique. L’une des choses que j’ai particulièrement aimé dans ce roman, c’est qu’il ne s’agit pas d’un de ces romans où le héros / l’héroïne est obèse et triste au début et svelte et heureux à la fin. L’intrigue ne tourne pas autour du poids que Libby devrait perdre, mais simplement autour de son intégration à sa nouvelle école. Par ailleurs, Libby est une adolescente bien dans sa peau et c’est un vrai bonheur de la suivre dans le roman. En effet, si elle reste en surpoids – voire obèse – dans le roman, elle a déjà effectué une partie considérable du chemin et est ravie de pouvoir refaire des choses qu’elle ne pouvait plus faire. Petit bonus qui m’a littéralement conquise : Libby a un sens de la répartie bien senti et un humour ravageur, ce que j’aime particulièrement retrouver chez les personnages des romans young adult.

J’ai un peu moins accroché au personnage de Jack, que j’ai trouvé moins attachant. Il a cependant l’avantage de familiariser le lecteur avec un trouble neurologique que je ne connaissais pas – à savoir la prosopagnosie. À cause de ce trouble, Jack est incapable de se « souvenir » des visages des gens, y compris de ceux de ses proches. Pour éviter d’être trop vulnérable, Jack se comporte comme si de rien n’était et élabore des parades afin que personne ne se rende compte de sa maladie.

Sans surprise, Jack le mâle alpha du lycée et Libby vont être obligés de cohabiter pour certaines raisons et vont apprendre à se connaître, puis à s’apprécier.

Mais ce n’est finalement pas tellement l’évolution de leurs relations qui m’a plu dans ce roman, mais bien plutôt la manière dont l’auteur a réussi à dépeindre certains aspects de cette période de « fin d’adolescence » où bien souvent tellement de choses viennent se téléscoper en même temps. D’un côté, il y a le big picture, la grande échelle, celle des études qu’on réussit et qui vont nous permettre de valider nos diplômes et d’avoir – un jour – le métier dont on a rêvé. Mais d’un autre côté, il y a aussi et de manière beaucoup plus prégnante les tracas du quotidien et les situations tortueuses de la vie en société : une vie de famille pas facile, des amis peu fiables, une relation toxique, le besoin d’approbation des autres…

Bref, pour moi, Jennifer Niven a parfaitement réussi à transcrire dans ce roman la transition vers l’âge adulte où l’on prend des risques et où l’on choisit la voie que l’on veut suivre. Pour cela j’ai pris un vrai plaisir à lire ce récit. C’est une belle histoire pas toujours rose, pas toujours drôle, mais forte par la simplicité des personnages.

On pourrait dire que l’histoire est peut-être un peu trop simple par moment, mais pourtant j’ai adoré ce roman. Je ne suis donc peut-être pas tout à fait irrécupérable sur la question des romances young adult !

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