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Posté il y a 7 mois
Le sel de nos larmes

A l’occasion de la sortie en Pôle Fiction du roman Le sel de nos larmes, la rédaction OLPF revient sur ce livre bouleversant.

Une chose est sûre : Ruta Sepetys a vraiment un don pour rendre compte des événements historiques qu’elle évoque tout en mettant en scène des personnages fictifs crédibles et attachants. On se laisse très vite emporter par l’intrigue, on est saisis par la réalité de la guerre et par les épreuves que doivent surmonter les personnages tout au long du roman.

« La brutalité des uns et des autres était révoltante. Leurs actes d’une inhumanité scandaleuse. »

Dans Le sel de nos larmes, on suit Joana, Emilia, Florian et Alfred, quatre adolescents en 1945, dans une Allemagne ravagée par la guerre. Au premier abord, tout semble les opposer, excepté leur volonté d’embarquer sur l’un des bateaux qui doivent les éloigner de l’horreur de la guerre. Chacun a ses raisons, chacun a ses démons, et chacun a quelque chose à cacher.

L’auteure nous plonge dans le quotidien de ces adolescents, un quotidien rythmé par la peur, par la volonté de fuir ce pays en guerre, mais également par leur espoir d’un avenir meilleur. Le rythme va crescendo tout au long du roman, le lecteur se retrouve donc totalement immergé dans ce périple qui semble sans fin. Les chapitres ne font chacun que quelques pages et s’enchainent à une vitesse folle ce qui vient amplifier cette impression d’urgence omniprésente. On alterne constamment entre leurs quatre points de vue ce qui crée très rapidement un lien entre le lecteur et les quatre protagonistes, créant ainsi une certaine proximité qui fait toute la richesse de ce récit et qui le rend si humain et si émouvant.

« Les petits matins recelaient toujours la promesse d’une nouvelle progression, d’une nouvelle étape qui nous rapprochait du but ; ils faisaient miroiter un peu d’espoir. »

Dans Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre, son premier roman, Ruta Sepetys invitait le lecteur à suivre le parcours difficile de Lina, une jeune lituanienne envoyée dans un camp en Sibérie avec sa famille. Ce roman était inspiré de l’histoire de sa propre famille et on sentait tout au long du récit son désir de retranscrire au mieux cet épisode de l’Histoire. Son attachement à ses premiers personnages se retrouve dans ce nouvel ouvrage puisque Joana, l’une des quatre personnages principaux, n’est autre que la cousine de Lina. La boucle est ainsi bouclée.

« Au moment même où l’on croit que la guerre nous a pris tout ce qui nous était le plus cher au monde, on rencontre quelqu’un et on se rend compte qu’on a toujours plus à donner. »

C’est un roman bouleversant mais nécessaire que l’auteure nous livre ici. En effet, on a tous entendu parler du Titanic mais très peu de gens connaissent l’histoire du Wilhelm Gustloff qui a pourtant fait six fois plus de victimes… A travers l’histoire de Joana, Emilia, Florian et Alfred, c’est donc le récit de cette tragédie maritime que l’on découvre. Ruta Sepetys vient ainsi allier l’utile à l’agréable pour le lecteur dont la lecture plaisir devient une véritable leçon d’histoire puissante et marquante.

« Tout le monde connaissait l’histoire du Titanic et du Lusitania. Je jetai un coup d’œil aux milliers de corps flottant sur la mer. Le naufrage de ces deux grands navires n’était rien en comparaison de celui-ci. Plus de dix-mille personnes étaient à bord du Gustloff. »

Ce livre nous fait découvrir un aspect de la Seconde Guerre mondiale qu’on ne nous apprend pas en cours d’histoire. Ce sont les ouvrages comme celui-ci qui nous font prendre conscience de la réalité de cette époque et qui, par la même occasion, nous permettent de réfléchir sur la société dans laquelle on vit.

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