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La rédaction
Posté il y a 7 mois
La courte histoire de la fille d’à côté

A l’occasion de la sortie de La courte histoire de la file d’à côté, le nouveau livre de Jared Reck, Amy, rédactrice OLPF, vous présente ce roman émouvant aux multiples facettes.

La courte histoire de la fille d’à côté, c’est l’histoire de la vie. C’est le quotidien, et la difficulté d’être un adolescent aujourd’hui, c’est un beau récit sur l’importance de la famille, des amis et des liens qu’on entretient avec les gens qu’on aime. C’est un roman puissant sur l’acception et le dépassement de soi, sur l’amour et la difficulté de grandir.

« Je sais, techniquement, c’est plutôt la fille d’en face. Mais peu importe. De toute manière, on vit au bout d’une impasse, donc sa maison est à la fois en face et à côté de chez moi. »

Matthew, dit Matty, est amoureux de sa meilleure amie d’enfance, Tabby. Ils se connaissent depuis toujours : en fait, ils ont presque été élevés ensemble. Ils se connaissent par cœur, partagent tout, depuis toujours, y compris leur famille. Mais les sentiments de Matthew ont évolué. Manque de bol, Tabby, elle, ne se rend compte de rien. Pire encore, elle s’est entichée de ce bellâtre de Liam Branson, la star de l’équipe de basket du lycée de trois ans son ainée. Cerise sur le pompon, Liam le lui rend bien.

Les choses pourraient-elles aller plus mal ?

La réponse est oui. Parce que non content de sortir avec Tabby, au plus grand désespoir de Matthew, Liam est aussi absolument sympa. Il est impossible de le détester. Si au moins ça avait pu être un parfait crétin !

Il ne reste donc à Matthew plus qu’à s’illustrer au basket dans l’espoir d’intégrer, à son tour, l’équipe senior du lycée au poste que laissera Liam en partant à l’université. Parlant d’université, s’il prend son mal en patience, l’année prochaine, ce fichu Branson sera à des kilomètres de Tabby…

« Comment avouer à quelqu’un qui est votre amie depuis l’enfance que vos sentiments ont changé ? Que fut un temps où vous partagiez le même album à colorier après l’école, où vous faisiez des concours de rots jusqu’à ce que l’un de vous régurgite son soda et où vous vous disputiez pour trouver les noms de vos hordes de créatures Play-Doh, mais que vous êtes aujourd’hui raide dingue d’elle au point de ne pas pouvoir la croiser dans les couleurs du bahut sans pouvoir faire un malaise ? »

Dans la plus pure lignée d’un John Green ou de Jennifer Niven, Jared Reck signe ici un roman émouvant aux multiples facettes. On rit, on pleure, on s’énerve, on compatit, on retient son souffle… Les tourments de l’adolescence et de l’amour y sont retranscrits avec justesse, mais souvent de façon parfaitement hilarante.

« Si Tabby souffrait de diarrhée verbale, on peut dire à l’inverse que j’étais atteint de constipation langagière. »

Le caractère de Matty, le narrateur, y est pour beaucoup. Basketteur de talent, il est aussi très timide, quasiment incapable d’exprimer le fond de sa pensée aux gens. Il se découvre un certain attrait, et talent, pour l’écriture via le cours du fantasque Mr. Ellis – une sorte de mise en abîme de la narration qui fonctionne incroyablement bien, et qui nous donne vraiment l’impression que c’est Matthew qui, rétrospectivement, raconte sa propre histoire dans ce livre.

On adore sa capacité à prendre un recul presque cynique sur les évènements, sur sa propre façon de penser. Il invente toujours mille scénarios de « films pourris », selon lui, et se plaît à imaginer le cours que pourraient prendre les évènements – en bien, ou en mal. Qui n’a jamais fait ça ? Qui ne s’est jamais imaginé être le héros de son propre film ? C’est criant de réalisme !

Les autres personnages ne sont pas en reste : sa famille est incroyablement attachante (on craque totalement pour le petit Murray de quatre ans et sa naïveté touchante), on adore le caractère bien trempé de Tabby, l’humour de Trip (le meilleur ami de Matthew) et même Liam, qu’on voudrait pouvoir détester par sympathie pour notre héros, s’avère sympathique.

« Trip n’est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds. Quand tout le monde vous dépasse de deux ou trois t êtes, la taille n’est plus un détail qui vous impressionne. »

Le récit se truffe également de références à la pop-culture (vive les Ewoks !), de réflexions autour du sexisme et de leçons de vie qui ne tombent jamais dans le moralisme barbant. Loin des clichés manichéens, des personnages stéréotypés et des intrigues toutes faites tout en restant parfaitement dans la lignée des autres « teen-drama », La courte histoire de la fille d’à côté parvient à nous surprendre ! Le plot-twist du milieu ? ARGH !

« En même temps, je sais que c’est facile pour moi de jouer les héros et d’affirmer le cœur sur la main que j’aurais agi différemment si ça avait été moi, parce que ce n’est PAS moi. »

En bref, je ne vois que deux raisons de ne pas te jeter sur ce bouquin qui se dévore comme une barre chocolatée le soir d’Halloween : soit tu ne sais pas lire (auquel cas je me demande bien comment tu es arrivé jusqu’ici) soit il est 20h passée et tu dois attendre jusqu’à demain pour te précipiter chez ton libraire préféré !

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