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Chroniqueur
Posté il y a 1 mois
It de Catherine Grive

Joséphine, surnommée Jo ou It, a quatorze ans. C’est une artiste dans l’âme ; elle s’exprime à travers ses dessins. Elle perçoit la beauté et l’harmonie du monde qui l’entoure. Quand ses pensées dérapent, cette vision artistique de l’univers l’aide à relativiser. Depuis sa naissance, Jo ne se sent pas à sa place dans son propre corps et se pose beaucoup de questions sur les raisons qui font que l’on est considéré comme un homme ou comme une femme. Serait-ce à cause de notre physique ? Nos cheveux longs, notre corps élancé, notre nez fin déterminent-ils que l’on appartient au genre féminin ? Au contraire, des épaules développées, des abdominaux saillants et une mâchoire carrée font-ils de nous un homme ?

Ces questions se présentent à la protagoniste à chaque fois qu’elle se voit dans un miroir. Malheureusement, elle n’a personne à qui parler de ses réflexions, surtout car elle n’ose pas le faire. Et pourtant, elle entretient une relation privilégiée avec sa voisine de palier, Heidi, retraitée depuis des années. Cette dernière est très à l’écoute. Elle se montre intéressée par l’art de Jo et ne la juge pas. L’adolescente apprécie aussi écouter les histoires de Heidi et sa sagesse et son expérience de la vie lui font réfléchir.

Au début du roman, l’immeuble dans lequel habite Jo et ses parents part en fumée. Le feu ayant pris dans l’appartement de Heidi, celui de la famille de la protagoniste subit énormément de dégâts. On sait plus tard que cet événement est un élément déclencheur pour Jo. En effet, il agit comme un électrochoc et lui permet d’oser penser tout haut ce qu’elle avait enfoui au fond d’elle. Petit à petit, elle s’autorise à penser que cette impression de ne pas être née dans le bon corps n’est pas seulement une impression mais que c’est la réalité. Et l’idée fait son chemin, le processus est engagé.

Ce roman n’est pas facile à lire car il nécessite une analyse et une réelle réflexion du lecteur pour ne pas passer à côté du sujet. Il retranscrit le processus que vivent les personnes transgenres pour comprendre ce qui leur arrive et s’accepter soi-même. Ils doivent apprendre à aimer leur corps pour ensuite se sentir plus sûr de soi et commencer à vivre en se sentant soi-même.

En lisant la quatrième de couverture, on se fait une idée de l’histoire que l’on va lire. On se dit que l’on va être dans le vif du sujet de la transidentité. Mais ce n’est pas réellement le cas. Il se peut donc que l’on soit un peu déçu de notre lecture. Je pense qu’il faut se poser des questions sur ce qu’on lit pour comprendre que l’auteur a traité le sujet depuis la racine. Elle s’est mise à la place d’une personne transgenre et a recréé la réflexion que cette personne peut se faire avant de mettre des mots sur son mal-être.

J’ai trouvé ce livre très intéressant à lire. Au départ, on se demande ce que l’on est en train de lire et quand est-ce que le thème principal sera abordé. On comprend plus tard que le récit initial est le déclencheur de tout ce qui s’ensuit. Cette manière de construire l’histoire donne une autre dimension au roman et demande une vraie réflexion du lecteur. On se rend compte que l’être humain a besoin de tout classer, de placer chaque personne dans une case alors qu’il n’existe pas deux êtres humains identiques. Ce système de classement fait souffrir énormément de personnes, qui n’osent pas montrer leur unicité. J’espère qu’un jour, les standards seront oubliés et que chacun sera capable d’accepter les gens comme ils sont.

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