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Chroniqueur
Posté il y a 2 années
Endgame : Tome 1

Je comprends qu’il puisse diviser autant que subjuguer, il est très spécial dans ses choix et dans son intrigue… Mais c’est un super tome, la série est de suite dans mes séries à continuer par la suite.

L’univers m’a enchantée dès le départ. Ce peuple du Ciel qui semble commander la Terre, on ne sait rien de cette civilisation, mais elle, elle nous connaît, elle s’amuse avec nous. On lui doit Endgame, un jeu morbide et glaçant, où douze Joueurs de différentes lignées ancestrales vont s’affronter pour récupérer trois clés. Des énigmes, de la torture, des alliances, de la manipulation, des courses poursuites, des codes, du vol, des combats… c’est un cocktail explosif que nous livre l’univers d’Endgame.

Violent et sombre, c’est presque effrayant et rebutant. Ici, toutes les façons possibles de mourir dans d’atroces souffrances sont développées, le phénomène de conditionnement de ces enfants nous prouve à quel point la manipulation est dangereuse. Ces Joueurs sont élevés dans le but de tuer, de survivre, de déchiffrer des langues oubliées, de chasser et malheureusement, très peu d’entre eux nous paraissent humains, ils tuent pour ne pas être tués. Il faut oublier la bienséance et la morale quand on ouvre ce livre, la violence et les bas instincts sont de haut niveau. Personnellement, j’ai adoré, je ne cautionne pas ce genre d’attitude, mais dans le contexte, on comprend ces adolescents, on ne peut que les plaindre d’avoir été les jouets du jeu Endgame.

L’intrigue est très rythmée, à chaque chapitre son ou ses personnages clés, un lieu, une action, une révélation, une théorie… Impossible de s’ennuyer. À tour de rôle, ces douze Joueurs se dévoilent, s’affrontent et s’entraident. Ils sont très différents, ils ont eu une vie à la fois semblable et différente, les voici réunis pour un jeu dangereux. L’histoire est très bien menée, je reste encore marquée par le rythme effréné, l’univers dense, l’action présente et par ce très beau final, à couper le souffle. Les derniers chapitres donnent vraiment envie de lire le tome suivant. L’histoire est surtout une belle suite d’énigmes et de codes chiffrés ou de langues anciennes, ce côté-là est bien exploité et m’a beaucoup amusée.

Le récit possède différents points de vue, nous sommes à la troisième personne du singulier et au présent. Non, vous ne rêvez pas, l’histoire est contée avec le présent. Si au début, ça vous dérange, c’est parce que nous ne sommes pas habitués à l’emploi de ce temps pour le récit, trop conditionné par le passé. Néanmoins, pour ce genre d’intrigue, pour ce genre (dystopie), par le fait que ce soit un jeu (Endgame) l’emploi du présent est normal. Je veux dire, ça renforce pleinement le côté malsain des actions contées par l’auteur. On a l’impression qu’Endgame se passe sous nos yeux, aujourd’hui, juste à côté de chez nous et que l’on ne peut rien y faire. Le côté « voyeurisme » est poussé à fond, jusqu’à nous faire sentir mal, à nous faire entrer de force dans le récit et surtout, dans le jeu.

Les phrases sont incisives, elles sont courtes, les chapitres sont courts. Les décors, les émotions, l’action, tout est bien planté, suffisamment pour que l’on puisse imaginer ce qui se déroule sous nos yeux et assez pour qu’on s’imagine les non-dits. Les descriptions, comme les dialogues sont bien construits, James Frey a un style bien lui et il a su me prendre dans ses filets ! C’est addictif, je me suis souvent dit, « tiens, un chapitre de plus et j’arrête », ou « une phrase de plus et j’arrive, promis… ». Et qu’arrive-t-il ? Comme les Joueurs, nous sommes incapables de nous stopper, pris dans cette avalanche de faits et de révélations, parce que la première moitié du récit met le décor en place. On nous présente les personnages, Endgame, on introduit les bouleversements, l’univers. La deuxième partie, c’est cet immense jeu de piste, et puis vient la troisième ou tout se met en place, le doute, la remise en question, les cliffangher.

Pourtant, fait étrange, ce n’est pas comme les autres dystopies que j’ai lu. Dans Hunger Games, on sait que la remise en question du système se fait par Katniss. Dans Legend, c’est June et Day ; dans Divergent, c’est Tris. D’autres les suivront, mais ce sont eux le déclencheur. Là, très clairement, peu sur les Douze semblent vouloir dévier de ce chemin, la remise en doute d’Endgame, elle est légère, on sent le grand lavage de cerveau plus sournois. De ce fait, le tome 1 fini, je suis bien incapable de vous dire si un gagnant final va se montrer, si l’Humanité va être sauvée, si l’un d’entre eux se rebellera contre Endgame – ou en aura le courage… Je suis incapable de voir la suite, la fin, mes seules hypothèses sont plutôt pessimistes. Voilà pourquoi j’attends la suite avec impatience !

Côté personnages, ils sont bien intéressants. Comme je l’ai dit, leur manière d’avoir été conditionné pour jouer est particulière et les rend atypiques. C’est comme s’ils étaient tous des tributs de carrière (pour ceux et celles qui seraient familiers avec Hunger Games). Toutefois, j’ai l’impression que les apparences sont trompeuses, certains me l’ont prouvé et d’autres pourraient nous réserver de belles surprises. Parce que tous les protagonistes ne sont pas logés à la même enseigne, nous les voyons tous, mais certains sont mis en avant. Et c’est là aussi que le tome 2 peut surprendre, surtout que quelques-uns disparaissent déjà parmi nos Joueurs, et là, c’est une belle surprise ! Je savais que c’était « Tuer ou être tué », cependant, j’étais tellement sûre que… vraiment, découvrez-le. Je ne dirais pas grand-chose sur eux, je suis persuadée qu’il vaut mieux les découvrir et apprendre à les connaître plutôt que d’en parler ici pendant des lignes. En plus de ça, ma chronique devient véritablement super longue, mais retenez qu’ils ne nous laissent pas indifférents, qu’ils cachent des surprises (en bien comme en mal) et qu’ils sont aussi humains qu’inhumains. Je sais que ça n’a pas de sens dit comme ça. J’ai beaucoup d’affection pour Ainsling Kopp, Christopher Vanderkamp, Sarah Alopay, Jago Tlaloc, Chiyoko Takeda, Alice et Hilal ou encore Shari. Ils sont spéciaux, on les aime autant qu’on les déteste et j’espère qu’Endgame leur permettra de trouver qui ils sont vraiment.

En conclusion, James Frey nous offre le premier tome d’une dystopie sombre et violente sous l’apparence d’un jeu mondial où l’humanité dépend des Joueurs. Nous voyageons aux quatre coins du globe, l’être humain est au centre des réflexions, les ingrédients présentés sont très bien exploités, il y a même une certaine tension qui rend le récit palpable et prenant. La plume de l’auteur est rapide et nous entraîne dans un tourbillon de codes et de secrets, d’émotions et de combats grâce à des choix osés dans la narration, l’univers, les personnages ou le temps du récit. C’est captivant et je suis très enthousiaste à la sortie de cette lecture, une dystopie détonante et nerveuse dont j’ai hâte de lire la suite qui s’annonce tout aussi explosive si l’on s’en tient aux derniers chapitres.

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