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Chroniqueur
Posté il y a 2 mois
Dix jours avant la fin du monde de Manon Fargetton

Les premières lignes donnent d’emblée le ton du récit. Bien sûr, vous saviez déjà que ce roman serait un drame mais là où est pris aux tripes, c’est dans cette plongée dans l’esprit des personnages qui trouve un écho en nous.

Que feriez-vous s’il ne vous restait que dix jours à vivre?

J’ai eu brièvement la peur d’avoir affaire à un récit d’une fuite en avant, que les personnages seraient toujours sur la route… Or, leur voyage se joue également sur un plan psychologique.

D’abord, il y a Gwen. Ecrivain de métier, la catastrophe a réveillé sa fibre artistique et il est plongé à corps perdu dans une quête terrible: il veut écrire le plus possible avant de mourir. Objectivement, formulé dans ces seuls termes, nous avons l’impression qu’il est voué à l’inutile. Pourquoi écrire alors votre vie va prendre fin? Pourquoi vous couper des personnes que vous aimez alors que vous pourriez passer vos derniers instants à les chérir? Mais à travers le personnage de Gwen, c’est une réflexion que nous offre Manon Fargetton: l’écriture, c’est également le moyen de dépasser son angoisse. Un moyen d’accéder à l’immortalité. D’oublier, l’espace d’un instant, que tout s’effondre autour de vous. C’est la promesse de garder espoir et de ne pas sombrer.

Commencer un livre, c’est avoir la responsabilité de le finir […] Raconter la meilleure histoire dont il est capable et la terminer, quoiqu’il en coûte, quelles que soient les difficultés à surmonter. Il n’a jamais dérogé à cette règle tacite. Et ce n’est pas la perspective de sa propre mort qui l’y poussera. au fil des années, il en a tué, des personnages, et chacun d’eux portait un fragment de lui. Il s’est familiarisé avec l’idée de la mort. Elle ne l’effraie pas ou peu. Ce qui l’effraie, c’est de ne pas savoir comment son roman se termine,, quel secret se trouve au bout du chemin, celui qu’il connaît déjà mais qu’il a besoin de redécouvrir. C’est tellement plus insupportable que de perdre la vie.

On a envie de croire qu’une happy end aura lieu, envers et contre tout. On est tenté d’aller lire directement les dernières pages et pour moi qui le fais tout le temps, c’est une sacrée victoire d’avoir résisté! Parce que j’ai adoré ressentir l’adrénaline me parcourir à chaque fois que j’ouvrais Dix jours avant la fin du monde. J’ai adoré dévorer les pages de ce roman comme si ma vie en dépendait. C’était réaliste, c’était plein de drames mais c’était également plein de vie. Manon Fargetton m’a fait ressentir jusque dans mes tripes à quel point la vie peut être précieuse, à quel point certaines choses sont vaines alors que le secret du bonheur, finalement, c’est dans les personnes qui nous entourent.

Je pensais ressentir ce qu’on peut ressentir dans un film d’action mais ce roman a suscité tellement plus que cela! C’est comme si j’avais échappé à la fin du monde et que je me retrouvais avec une nouvelle chance! Je reste sans voix devant une histoire d’une telle intensité. C’est tellement fort. Tellement… wouah!

Dix jours avant la fin du monde est un énorme coup de coeur. Enorme, vous dis-je! Je peux déjà vous dire que je le relirai de nombreuses fois avec une certitude absolue! La poésie, le ton, les émotions… Il y a tout pour me faire le re-dévorer encore et encore.

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