Vous souhaitez devenir chroniqueur et être publié sur notre site ?

Pour déposer votre candidature, il faut au préalable devenir membre de la communauté On lit plus fort !

Me connecter

Mot de passe oublié

La rédaction
Posté il y a 2 mois
Des romans entre enfance et exil

Parce qu’il n’est jamais facile de trouver les mots justes pour aborder avec les lecteurs, petits ou grands, le sujet de l’exil et des réfugiés, l’équipe On Lit Plus Fort vous présente aujourd’hui deux romans qui abordent ces thématiques avec talent.

Une immersion dans un camp de réfugiés, à hauteur d'enfant.

On m’appelle Enfant I, de Steve Tasane

C’est l’histoire d’un petit garçon de dix ans, sans papiers et sans famille. Il ne subsiste rien de son passé, pas même son prénom : dans le camp de réfugiés où il vit, il est l’Enfant I. Pour que son existence ait une valeur aux yeux du monde extérieur, il décide d’écrire sur son quotidien. Dans la misère du camp boueux, il rayonne de tout son optimisme et tente de faire de chaque journée une nouvelle aventure pour ses amis M, E et R.

Une véritable leçon de vie et d’humanité.

Une voix d’auteur exceptionnelle qui s’exprime à travers les mots d’un enfant de dix ans qui a tout perdu, jusqu’à son prénom.

on-mapelle-enfant-i

Note de l’auteur : Comme chez bien des auteurs, les racines de mes romans plongent dans ma propre enfance. Mon père était un réfugié, il avait fui l’Estonie nazie et communiste, abandonnant sa famille pour ne plus jamais revenir. Mais, ironie du sort, il a aussi abandonné a famille anglaise, ma mère, mes trois frères et moi, pour ne plus jamais revenir. Je me rends compte que c’est ce qui a nourri l’idée au cœur de mon écriture, à savoir la recherche d’une famille. C’est ainsi que j’ai écrit deux romans pour Walker Books : Blood Donors (2013), qui figurait sur la liste de « Seven Stories – Diverse Voices », jury des meilleurs livres représentant la diversité culturelle depuis 1950 ; puis Nobody Saw No One (2015), une interprétation moderne d’Oliver Twist, qui figurait sur la liste des meilleurs livres pour enfants du Guardian. Ces deux ouvrages rendent hommage aux familles recomposées. Dans le même temps, je suis devenu poète pour enfants, un travail où la langue est au centre du jeu. Dans On m’appelle Enfant I, les jeux de mots, l’imagerie poétique dessinent les contours du paysage qui entoure les enfants. Je n’ai jamais projeté d’écrire On m’appelle Enfant I.

Il dormait en moi sans que je le sache. Puis, un jour, je suis tombé sur cette vidéo en surfant sur Internet. Ces deux enfants sont M et E, les personnages principaux d’On m’appelle Enfant I. M et E sont des réfugiés qui ont perdu leur famille. Or, sans famille ni passeport, ils n’ont plus d’identité, plus d’histoire, plus de nom, car leurs parents ne sont plus là pour confirmer qui ils sont. Les Gardes leur attribuent donc des lettres en guise de nom.

Les enfants sur la vidéo sont en Syrie mais ils pourraient se trouver n’importe où ailleurs dans le monde, avoir une autre nationalité. Avec On m’appelle Enfant I, j’ai voulu raconter l’histoire de ces enfants sans nom qui forment une famille les uns pour les autres. Parce que la famille est universelle, l’enfance est une expérience que nous partageons tous. Le vrai sujet du livre est donc l’enfance. C’est pour cette raison que vous ne trouverez pas de noms propres, ni de noms de pays, ni de mention de religion dans On m’appelle Enfant I. Vous ne trouverez pas non plus le mot « réfugié ».

Le livre est axé sur la famille, l’amitié, le jeu et sur la quête permanente de la nourriture.

Steve Tasane

« Je suis réveillé par les cris des hommes du Camp qui se disputent avec les Gardes. Les Gardes repoussent les hommes et menacent de les frapper de leur matraque. Les hommes hurlent contre les Gardes, ils pointent le doigt sur eux, fendent l’air avec colère. C’est comme ça tous les jours. Chaque jour, la colère des gens augmente. Chaque jour, quelqu’un est frappé par les Gardes et doit être évacué avec l’aide de ses semblables, la tête en sang. Aujourd’hui, les Gardes sont plus nombreux, la foule plus  compacte, les cris plus forts. Mon rêve a été interrompu, mais je ne l’oublie pas. »

Le périple initiatique d'une jeune orpheline, entre drame et espoir.

Le voyage de Makena, de Lauren St John

Makena, onze ans, a une enfance heureuse et choyée, et rêve de gravir le mont Kenya dans les pas de son père, guide de montagne. Mais bon bonheur vole en éclat lorsqu’une tragédie frappe sa famille. Sa vie bascule alors dans la misère des bidonvilles de Nairobi. Grâce à une rencontre décisive avec la fondatrice d’une ONG, Makena commence un voyage extraordinaire qui la conduira jusqu’en Écosse …

 

Un texte sensible et sincère sur les enfants oubliés de ce monde.

L’auteur : Lauren St John naît au Zimbabwe et y demeure jusqu’à ses vingt ans, dans un environnement qu’elle décrit comme « un paradis absolu ». Cette enfant timide, obnubilée par les livres, grandit aux côtés d’étonnants animaux : autruches, pythons, girafes et chevaux dans une ferme au nom prédestiné qui lui inspirera ses mémoires, Rainbow’s End. D’abord vétérinaire en Angleterre, Lauren St John devient journaliste, puis se spécialise dans la rubrique sportive pour le Sunday Times.

Après plusieurs biographies de groupes de folk, elle se consacre à l’écriture avec Les Mystères de la girafe blanche, une tétralogie best-seller, Cheval d’Orage, une fascinante trilogie sur la passion de l’équitation inspirée de son histoire d’adolescente, et The Glory. Avec Le voyage de Makena, Lauren St John renoue avec son continent de prédilection : l’Afrique.

«– Einstein pensait qu’il n’y avait que deux façons de vivre sa vie. La première, en considérant que rien n’est un miracle. La deuxième, en considérant que tout est un miracle.
– Moi, je crois aux miracles, avait affirmé Makena.
Sa mère l’avait serrée dans ses bras.
– Et moi aussi.
Frissonnant dans le fauteuil du refuge, Makena comprit pourquoi cette histoire lui était revenue. Elle aussi avait passé six mois à entrer et sortir d’univers parallèles. Elle aussi n’avait rien demandé. Tout ce qu’elle avait voulu, c’était être une écolière ordinaire avec un ou deux rêves extraordinaires.»

Une histoire de solidarité et d'intégration, pleine de tendresse et de fantaisie

Le garçon au fond de la classe, de Onjali Q. Rauf (parution en juin 2019)

Élu meilleur livre pour enfant de l’année par la plus grande chaîne de librairies britanniques Waterstones, ce roman, encensés par les lecteurs et les libraires, aborde les mêmes thématiques. Promis, on vous en reparle d’ici quelques semaines !

 

Le garçon au fond de la classe

0 commentaire

Pour poster un commentaire, rejoignez la communauté On lit plus Fort